Au Pakistan, Mucharraf en a ras la casquette des radicaux

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Le général Pervez Mucharraf, président du Pakistan, aurait-il décidé de mettre un terme à l'épopée des radicaux de la Mosquée rouge d'Islamabad ? Hier, Adbul Aziz, son leader, arrêté la veille, a appelé ses fidèles à se rendre. Depuis le début de la semaine, l'armée fait le siège de ce bastion islamiste accusé de servir de refuge aux talibans combattant en Afghanistan. Plus d'un millier d'étudiants auraient déjà déposé les armes. Mais 250 hommes et 800 femmes armés se trouveraient encore à l'intérieur. Parmi eux, le frère et adjoint d'Abdul Aziz, Abdul Rashid Ghazi, qui refusait de se rendre hier : « Nous ne sommes pas des terroristes. Pourquoi déposer les armes ? », a-t-il déclaré à la télévision.

En trois jours, le bras de fer entre les autorités et les islamistes a fait seize morts. Pourtant, cela fait des mois que le pouvoir reste les bras croisés face aux deux chefs de la Mosquée rouge. Abdul Aziz et Abdul Rashid Ghazi, sunnites ultra-traditionnalistes, n'ont de cesse d'agiter la contestation contre Mucharraf à coup d'autodafés de CD et autres objets « non islamiques ». Mucharraf, sous la pression de la communauté internationale, qui voit d'un très mauvais oeil le pouvoir croissant des islamistes d'Islamabad, aura peut-être voulu montrer qu'il pouvait parfois reprendre la main. Mais selon les experts, le président pakistanais ne devrait pas pousser les islamistes trop loin dans leurs retranchements. Car il risquerait alors de devoir faire face à une vague d'attentats, dont les deux frères l'ont déjà menacée.

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L'interview d'Olivier Guillard, spécialiste du Pakistan