Débat républicain: Carly Fiorina démonte Donald Trump

USA 2016 L'ancienne patronne de HP a planté plusieurs banderilles dans le flanc du milliardaire...

Philippe Berry

— 

Carly Fiorina (de dos) et Donald Trump, lors du second débat télévisé républicain, le 16 septembre 2015.
Carly Fiorina (de dos) et Donald Trump, lors du second débat télévisé républicain, le 16 septembre 2015. — M.TERRILL/AP/SIPA

On va voir de quoi est vraiment fait Donald Trump. Alors qu'il caracole en tête des sondages, le candidat essuyé des tirs de missiles de tous ses adversaires, mercredi, lors du second débat télévisé de la primaire républicaine. Et celle qui a fait le plus souvent mouche s'appelle Carly Fiorina. Selon Karl Rove, ancien conseiller de George W. Bush, l'ex-patronne de HP a eu «une excellente soirée». Et le consensus chez tous les observateurs, c'est que même si elle a été parfois inexacte sur le fond, elle a de loin remporté le débat.

Trump trébuche sur la politique internationale

Comment gérerait-il la menace russe? «C'est facile, on n'a le respect de personne. La Russie me respecterait, et je m'entends bien avec beaucoup de monde, je pense que je m'entendrais bien avec Vladimir Poutine», répond le candidat dans son style habituel. Fiorina réplique aussitôt: «Moi, je ne m'entendrais pas bien avec Poutine. Je renforcerais notre flotte. Je ferais des exercices réguliers dans les pays baltes. Je reconstruirais notre programme anti-missile en Pologne et j'enverrais davantage de troupes sur nos bases en Allemagne. Poutine comprendrait le message.»

Un peu plus tard, elle lance un autre scud. «C'est important de connaître le nom du général Souleimani», la force montante en Iran, sur lequel Trump a trébuché lors d'une interview. Marco Rubio enchaîne: «Le commandant en chef doit être prêt dès le premier jour sur ces questions internationales.» Rand Paul l'achève: «Je ne serais pas tranquille de savoir que c'est Donald Trump qui est en charge de notre arsenal nucléaire.»

Les attaques de Trump se retournent contre lui

La semaine dernière, Donald Trump s'était attaqué au physique de Carly Fiorina, lançant à Rolling Stone: «Vous avez vu cette tête, qui voterait pour ça.» Plutôt que de riposter, elle lâche simplement: «Je crois que toutes les femmes du pays ont clairement entendu les paroles de Donald Trump.» «Je veux dire que c'est une très belle femme», tente Trump. Silence gêné.

Quelques minutes plus tard, sur la guerre en Irak, il s'attaque à George W. Bush, un «terrible président». Jeb Bush s'énerve: «En ce qui concerne mon frère, je sais une chose: il a assuré notre sécurité.» La salle l'applaudit longuement. Le vent a peut-être tourné.

Les gagnants et les perdants

Carly Fiorina: Très présidentielle, elle a fait très mal à Trump.

Chris Christie: A l'aise, drôle, il a eu quelques bonnes tirades, notamment sur le 11 septembre et sur sa présidence qui «ne serait pas à propos» de lui mais des Américains.

Jeb Bush: Toujours trop technocrate, il s'est au moins réveillé, lançant à Trump. «Ça te va, mon niveau d'énergie?»

Marco Rubio: Le jeune sénateur de Floride était préparé et a saisi chaque opportunité de le montrer.

Donald Trump: Il a montré ses limites sur la politique internationale et ses attaques puériles sont souvent tombées à plat.

Ben Carson: Malgré ses appels à la raison, le second des sondages est resté discret et a beaucoup patiné sur ses positions.

Scott Walker, Mike Huckabee, John Kasich, Ted Cruz, Rand Paul: Inexistants.