La Mosquée rouge toujours assiégée par les talibans à Islamabad

PAKISTAN Un groupe d’islamistes retiennent des femmes et des enfants comme «boucliers humains»...

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Un groupe d'islamistes irréductibles est toujours retranché dans la Mosquée rouge d’Islamabad au Pakistan. Ils retiennent comme «boucliers humains» des femmes et des enfants.
Un groupe d'islamistes irréductibles est toujours retranché dans la Mosquée rouge d’Islamabad au Pakistan. Ils retiennent comme «boucliers humains» des femmes et des enfants. — Reuters

Après la rédition mercredi de 1.200 étudiants islamistes, une groupe d'irréductibles, une trentaine selon les autorités, une centaine selon les journalistes de l’AFP, sont toujours retranchés dans la Mosquée rouge d’Islamabad au Pakistan. Plusieurs explosions et des tirs nourris d'armes automatiques ont retenti ce jeudi. Selon le ministre des Affaires religieuses Ijaz-ul Haq, ils retiennent comme «boucliers humains» des femmes et des enfants, en dépit d'un appel à se rendre de leur leader, le chef de la mosquée Abdul Aziz, capturé il y a deux jours alors qu’il tentait de s’échapper déguisé en femme.

«Talibanisation» en marche forcée

Des milliers de djihadistes seraient déjà en route vers la capitale pakistanaise pour leur prêter main forte. Le ministère de l’Intérieur d’Islamabad a été obligé de reconnaître que la «talibanisation» était en marche forcée dans l’ensemble du pays. Depuis la fin janvier, des milliers d’étudiants islamistes ainsi que des femmes et des enfants vivent retranchés dans la Mosquée, soupçonnée de servir de refuge aux talibans combattants en Afghanistan.

Ils avaient juré de n’en sortir que lorsque le gouvernement accepterait d’appliquer la charia, la loi islamique. Plusieurs centaines d’entre eux ont finalement accepté de partir en échange de 5.000 roupies (60 euros) chacun mercredi.

Mais la situation n’est pas réglée pour autant. Des étudiants et des gardes du corps du leader de la mosquée, Abdul Aziz, continuent d’assiéger la Mosquée, retenant contre leur gré hommes, femmes et enfants. «Nous avons eu des plaintes de personnes contraintes à la pointe du fusil de ne pas partir», a déclaré un responsable des autorités locales, Khalid Pervez.

Selon Abdul Aziz, 250 hommes et jusqu'à 800 femmes se trouvent encore à l'intérieur. Ils sont en possession de 14 AK-47 (fusils d’assaut), a-t-il affirmé jeudi dans un entretien à la télévision publique, réalisé après son arrestation. «Je leur ai dit de ne pas sacrifier leur vie pour moi», a-t-il ajouté.

Son frère, Abdul Rashid Ghazi, responsable adjoint de la mosquée et qui y est toujours retranché, a cependant refusé de se rendre. «Nous ne sommes pas des terroristes. Pourquoi devrions-nous déposer les armes?», a-t-il lancé, dans un entretien diffusé plus tôt dans la journée sur une chaîne de télévision privée. Abdul Rashid Ghazi s'est cependant déclaré «disposé à trouver une solution honorable», démentant retenir contre leur gré des étudiants des écoles coraniques de la mosquée, dont les cours sont suivis par des milliers de jeunes.

Seize morts

Après deux jours de heurts qui ont fait seize morts, des centaines de membres des forces de sécurité pakistanaises ont encerclé mercredi le vaste complexe, promettant de tirer à vue sur toute personne armée. Le siège a poussé de nombreux occupants de l'édifice à se rendre. Face aux irréductibles qui refusaient de céder, les forces de l'ordre ont fait exploser jeudi avant l'aube sept charges «d'avertissement» aux abords de la mosquée et enfoncé un portail d'entrée à l'aide d'un véhicule blindé. Les forces n'ont cependant pas pénétré dans l'enceinte.