Touristes mexicains tués: L'Egypte promet une «enquête transparente»

INTERNATIONAL La ministre mexicaine des Affaires étrangères est en déplacement au Caire...

L.C. avec AFP

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 Claudia Ruiz Massieu, ministre des affaires étrangères mexicaine, le 14 septembre 2015 à Mexico city.
Claudia Ruiz Massieu, ministre des affaires étrangères mexicaine, le 14 septembre 2015 à Mexico city. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Après le drame qui a coûté la vie à huit Mexicains en Egypte dimanche, la chef de la diplomatie mexicaine a exigé ce mercredi une « enquête exhaustive et transparente ». Il faudra faire la lumière sur la bavure de l’armée égyptienne sur laquelle Le Caire reste avare d’explications. L'Egypte a accédé favorablement à cette requête ce mercredi après-midi. Le ministre égyptien des Affaires étrangères a promis une «enquête approfondie et transparente».

L'état de santé des six survivants s'améliore

Claudia Ruiz Massieu est arrivée dans la nuit au Caire en compagnie de huit proches des victimes. La délégation a rendu visite aux six survivants mexicains hospitalisés, qui « vont de mieux en mieux », a indiqué la ministre en sortant.

« Nous attendons une enquête approfondie, exhaustive et transparente pour établir les responsabilités et clarifier ce qui s’est passé », a expliqué Claudia Ruiz Massieu alors que, depuis trois jours, aucune information officielle ne filtre au Caire. La ministre mexicaine des Affaires étrangères doit rencontrer dans la journée son homologue égyptien et le président Abdel Fattah al-Sissi.

Le Caire rejette la responsabilité sur les organisateurs de l'excursion

Les huit Mexicains et quatre de leurs accompagnateurs égyptiens ont été tués « par erreur » dimanche dans le bombardement de leur convoi par des hélicoptères ou des avions de combat, à environ 250 km au sud-ouest du Caire, au cœur du vaste désert occidental égyptien, dont les oasis luxuriantes sont prisées des touristes.

Egypte: Comment des touristes mexicains ont-ils pu être tués par erreur ?

Pour l’heure, Le Caire rejette la responsabilité de l’attaque sur les organisateurs égyptiens de l’excursion. Mais de nombreuses critiques dénoncent un manque de coordination entre la police -dont un représentant accompagnait le groupe selon les guides-, le ministère du Tourisme et l’armée. D’autres voix se sont élevées pour accuser l’armée de frapper régulièrement des civils lors de ses opérations antiterroristes.

Au Mexique, le président Enrique Peña Nieto a exprimé « sa profonde consternation » et « l’indignation » du peuple mexicain après ce drame « sans précédent ». Le président Sissi lui a transmis ses « plus profondes condoléances » et le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry a fait de même dans une longue lettre au « peuple mexicain ».

Sans exprimer d’excuses, il a évoqué une « enquête en cours » et « un enchaînement des événements toujours obscur et confus ». Insistant sur le fait que les touristes ne voyageaient pas en bus et dans une « zone interdite », Sameh Choukry a regretté « que certains exploitent ce tragique événement pour accuser les forces de sécurité égyptiennes de n’avoir pas de règles d’engagement strictes et d’agir sans discrimination, de prétendre que davantage de personnes sont tuées par l’armée que par les terroristes ».