VIDEO. Après la fermeture de la frontière hongroise, les migrants cherchent d'autres routes vers l’Allemagne

CRISE DES RÉFUGIÉS Des autobus font désormais route vers la frontière avec la Croatie...

B.D. avec AFP

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Des migrants font la queue pour être enregistrés au camp de Presevo, dans le sud de la Serbie, le 11 septembre 2015.
Des migrants font la queue pour être enregistrés au camp de Presevo, dans le sud de la Serbie, le 11 septembre 2015. — AFP PHOTO / ARMEND NIMANI

Après s’être cassé le nez sur la frontière serbo-hongroise, désormais fermée par 175 km de clôture barbelée, les migrants déterminés à poursuivre leur route vers l’Allemagne envisagent désormais d’autres chemins pour y parvenir.

Mardi soir, au centre d’accueil des migrants de Presevo, à la frontière avec la Macédoine, des autobus, qui convoyaient jusqu’à présent les migrants vers la Hongrie, affichaient, selon la presse serbe, des pancartes avec une nouvelle destination : « Sid », ville frontalière de la Croatie. Le premier de ces bus, parti mardi vers 21h de Presevo, devait arriver tôt ce mercredi matin à Sid.

La Croatie prête à recevoir 3.000 migrants

Un groupe de 30 à 40 migrants, constitué majoritairement de Syriens et d’Afghans et comportant des hommes, des femmes et des enfants, est par ailleurs entré en Croatie ce mercredi matin depuis la Serbie. Ils ont passé la frontière au niveau de Tovarnik, après avoir transité par Sid. Ils ont été interpellés par la police croate peu après avoir franchi la frontière et ont été conduits à Tovarnik pour y être enregistrés et y recevoir, le cas échéant, des soins. La Croatie s’est dite préparée à recevoir 3.000 migrants dans différents sites d’accueil. Son Premier ministre, Zoran Milanovic, a récemment exclu toute construction de clôture frontalière.

Mais des centaines d’autres réfugiés espéraient toujours une hypothétique réouverture de la frontière hongroise. A Belgrade même, la plupart des réfugiés interrogés par l’AFP préféraient attendre la réouverture de la frontière hongroise plutôt que de choisir d’autres routes. « On nous a dit qu’il existait un chemin par la Croatie et par la Slovénie, mais on a aussi entendu que si la police slovène nous attrapait, elle nous renverrait en Serbie, voire en Afghanistan », explique Alisina, un adolescent afghan de 15 ans, qui ronge son frein dans la capitale serbe.

La Serbie incapable de gérer les migrants bloqués

« On ne peut pas faire marche arrière. Moi, j’ai perdu ma famille, mes parents, un frère et une sœur. Je n’ai nulle part où rentrer », confie-t-il en éclatant en sanglots. La Serbie a estimé être incapable de gérer le flux de migrants bloqués mardi sur son territoire après la fermeture de la frontière par Budapest. « L’idée de renvoyer vers la Serbie tous les migrants alors que d’autres ne cessent d’affluer, en provenance de Grèce et de Macédoine, est inacceptable », a protesté le chef de la diplomatie, Ivica Dacic.

« J’exhorte la Hongrie à ouvrir sa frontière aux migrants. Au moins aux femmes et aux enfants », a dit à l’AFP son collègue chargé des réfugiés Aleksandar Vulin, au poste-frontière de Horgos où étaient encore massé une centaine de migrants mardi soir. Cependant, la Hongrie deViktor Orban prévoit désormais de construire une nouvelle clôture, cette fois à sa frontière avec la Roumanie. Bucarest a protesté en parlant d’une mesure « pas conforme à l’esprit européen ».