Crise des réfugiés: Faute d'accord entre pays européens, quelles conséquences?

IMMIGRATION Une nouvelle réunion se tiendra le 8 octobre. D’ici là, les accords de Schengen pourraient être davantage écornés…

Hélène Sergent
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Un centre d'accueil pour réfugiés à Berlin, dans la nuit du 12 au 13 septembre 2015.
Un centre d'accueil pour réfugiés à Berlin, dans la nuit du 12 au 13 septembre 2015. — Kay Nietfeld DPA

Il va falloir attendre. C’est en substance ce que les observateurs ont retenu de la réunion d’urgence qui s’est tenue lundi, entre les ministres de l’Intérieur et de la Justice de l’Union européenne, à propos de la crise migratoire. Une absence de consensus prévisible au regard des dernières annonces de certains pays d’Europe centrale, réfractaires à l’accueil de réfugiés.

>> A lire: Crise des réfugiés: Comment des Etats membres de l'UE bousculent les règles de l'espace Schengen

Si quelques points ont été validés lundi soir, impossible de convenir d’un accord global pourtant défendu par Angela Merkel et François Hollande. Le prochain rendez-vous européen est d’ores et déjà fixé au 8 octobre, soit dans un peu plus de deux semaines. D’ici là, la tentation du repli identitaire pourrait s’intensifier au sein des états membres.

Davantage de contrôles aux frontières

Après la Hongrie, et son mur de barbelés de 175 kilomètres le long de la Serbie, l’Allemagne, l’Autriche et la Slovaquie ont annoncé le recours aux contrôles le long de leurs frontières. Un principe qui, s’il est loin de l’esprit des accords de Schengen, n’est pas illégal, rappelle Gaetane Ricard-Nihoul, cheffe de la Représentation en France de la Commission européenne : « Les règles n’ont pas été enfreintes et cela n’empêche pas de traiter les situations d’urgence. » En effet, la réintroduction de ces contrôles est prévue par l’article 2 des accords.

En France, certains responsables politiques, comme le député des Républicains Bernard Accoyer, appellent à imiter les voisins de l’Est en introduisant, à minima, des contrôles d’identité entre l’Italie et l’Hexagone. Interrogé au sujet d’éventuels contrôles entre la France et l’Allemagne, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a jugé une telle décision « stupide ». Peu de chance, d’ici la prochaine réunion du 8 octobre, de voir alors cette exception s’appliquer.

Un risque d’embouteillage aux frontières ?

La stagnation de la situation au niveau européen et la fermeture progressive des frontières comme en Hongrie – le pays a annoncé ce mardi sa volonté de construire un second mur de barbelés le long de sa frontière avec la Roumanie – pourraient entraîner une dégradation des conditions humanitaires à certains points de la route migratoire empruntée par les réfugiés syriens, irakiens ou pakistanais. Un risque que refuseront de prendre les Etats européens, croit savoir Gaetane Ricard-Nihoul : « La Commission européenne donne un cap et celui qu’elle vient de fixer est à la fois ambitieux et solidaire. Ensuite, chaque Etat a ses responsabilités. »

Rare point d’accord trouvé lundi à Bruxelles : la mise en place de « hot spots ». Ces structures, voulues particulièrement par le ministre de l’Intérieur français et chargées d’enregistrer les demandes d’asile, devraient être rapidement mises en route en Italie et en Grèce. Au sein de la chancellerie européenne, aucune date n’est communiquée, on précise seulement que cela devrait se faire « rapidement ». A la prochaine réunion ?