Corée du Sud: Le divorce interdit par la justice aux époux adultères

JUSTICE Selon la loi sud-coréenne, l’époux responsable de l’échec du mariage ne peut initier une procédure de divorce…

L.C. avec AFP

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Illustration d'un mariage.
Illustration d'un mariage. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Pas de divorce pour les conjoints coupables d'adultère. Cest le verdict rendu ce mardi par la Cour suprême de Corée du Sud, qui a refusé à un mari le droit de divorcer de son épouse quil avait délaissée pour une autre femme il y a quinze ans.

Il a quitté son épouse pour une autre femme il y a quinze ans

Actuellement, la loi sud-coréenne interdit à l’époux, lorsqu’il est considéré comme responsable de l’échec d’un mariage, d’être à l’initiative d’une procédure de divorce.

Un mari contestait cette législation de la Cour suprême. Le plaignant avait eu en 1998 un enfant issu d’une relation extraconjugale et vit avec la mère de l’enfant depuis les quinze dernières années, tout en étant toujours uni à sa femme par les liens du mariage. Ses avocats avaient fait valoir que l’échec du mariage était irrévocable et que l’homme était en droit de divorcer, même contre l’avis de son épouse. Mais la plus haute juridiction de Corée du Sud a jugé qu’il n’y avait pas lieu de modifier la législation, par sept voix contre six.

La Cour a jugé que cette loi protège les femmes

Cette décision était suivie de très près dans le pays, où une loi controversée sur l’adultère qui faisait des relations extraconjugales un délit passible de prison, a été abolie en février dernier par la Cour constitutionnelle. Les partisans du statu quo arguent que tout changement encouragerait l’infidélité et porterait atteinte à la famille.

Dans ses attendus, la Cour a relevé que l’égalité entre les sexes était loin d’être une réalité en Corée du Sud et que les femmes se trouveraient dans une situation particulièrement vulnérable si des maris infidèles étaient autorisés à divorcer sans motif valable. Elle a également noté qu’il pouvait être légalement mis fin à une union en cas d’accord entre les deux parties, ce qui implique le plus souvent un dédommagement financier substantiel à l’époux considéré comme lésé.