Le mollah Omar serait mort après avoir contracté l'hépatite C, affirme son fils

TALIBANS Le fils du fondateur des talibans afghans veut mettre un terme aux rumeurs entourant la mort de son père…

L.C. avec AFP

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Le mollah Omar (à droite) et son successeur, le mollah Mansour (à gauche). Portraits publiés le 1er août 2015 dans la presse afghane.
Le mollah Omar (à droite) et son successeur, le mollah Mansour (à gauche). Portraits publiés le 1er août 2015 dans la presse afghane. — Rahmat Gul/AP/SIPA

C’est la maladie qui aurait eu raison du mollah Omar, affirme son fils Yacoub qui souhaite mettre un terme à la controverse sur la mort de son père. D’après lui, le mollah Omar est mort « de cause naturelle » après avoir été infecté par l’hépatite C. Le décès du fondateur des talibans afghans, survenu en 2013 n'a été annoncé que fin juillet 2015.

«Il est mort rapidement lorsque sa santé s’est détériorée»

Dans un message audio diffusé dimanche soir et authentifié ce lundi par l’AFP auprès de sources talibanes, Yacoub soutient que son père avait été diagnostiqué avec l’hépatite C et s’est éteint en Afghanistan, et non au Pakistan comme le soutiennent les services secrets afghans, au terme d’une longue maladie. « Je peux vous assurer qu’il est mort de cause naturelle. Il n’a pas été tué par des doyens au sein au sein de l’Emirat (le nom officiel des talibans) ou par des ennemis à l’extérieur de l’Emirat », a déclaré le mollah Yacoub. « Il est mort rapidement lorsque sa santé s’est détériorée. Selon les premières informations que nous avons obtenues des médecins, il avait été diagnostiqué avec l’hépatite C », a-t-il ajouté, en appelant à la fois à « l’unité » des talibans tout en soutenant que son père n’avait « pas choisi de successeur ».

L’hépatite C est une maladie du foie causée par un virus transmis par le sang. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’hépatite C tue environ 500 000 personnes chaque année dans le monde.

Divisions internes

En juillet dernier, l’annonce de la mort du mollah Omar avait plongé la rébellion islamiste afghane dans une vaste controverse. Des commandants ont accusé la direction du mouvement de leur avoir menti pendant deux ans sur le sort de leur leader et d’avoir usurpé son identité en lui attribuant à tort des déclarations. Ces accusations visaient surtout le mollah Akhtar Mansour, bras droit du mollah Omar devenu son successeur au cours d’un processus de désignation jugé « non consensuel » et « expéditif » par certains commandants menés par Yacoub, le fils aîné du fondateur des talibans, au pouvoir à Kaboul de 1996 à 2001.

Cette controverse a nourri diverses théories sur les causes de la mort d’un des hommes les plus recherchés par les Etats-Unis pour avoir hébergé Oussama Ben Laden, l’architecte des attentats du 11 septembre 2001. Certains combattants ont suggéré qu’il avait été assassiné.

« Le plus important pour nous est de maintenir notre unité, pas de parler en mal des gens », a affirmé Yacoub, sans plaider allégeance au mollah Mansour mais assurant se plier à une éventuelle décision d’un regroupement de mollahs et d’oulémas sur la légalité de cette succession controversée. « Je suis prêt à me sacrifier pour l’unité, je suis prêt à mener un attentat-suicide si cela peut assurer l’unité » des talibans, a même déclaré Yacoub.