Migrants: Réunion d'urgence sur la crise migratoire lundi pour une Europe divisée

IMMIGRATION Les ministres de l'Intérieur et de la Justice des 28 pays de l'union se réunissent à Bruxelles pour parler contrôle des frontières et gestion de l'afflux toujours plus important de migrants...

20 Minutes avec AFP

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Des migrants dorment dans la hall d'un parc olympique à Berlin le 12 septembre 2015.
Des migrants dorment dans la hall d'un parc olympique à Berlin le 12 septembre 2015. — AFP

Un rendez-vous politique crucial alors que l’afflux de réfugiés se poursuit. Au point que la ville de Munich en Allemagne, qui a accueilli 12.200 réfugiés durant la seule journée de samedi, se retrouve dimanche saturée. VIDEO. Migrants : En première ligne, l’Allemagne ouvre grand ses portes

« Echec complet » du contrôle aux frontières

Lundi, les ministres de l’Intérieur et de la Justice des 28 pays de l’UE doivent tenir une réunion d’urgence à Bruxelles face à cette crise migratoire « qui a pris des proportions sans précédent », selon un communiqué du gouvernement luxembourgeois, qui assure la présidence tournante de l’Union.

En prémices, le ministre allemand des Transports Alexandre Dobrindt a pointé dimanche l'« échec complet » du contrôle aux frontières extérieures de l’Union, c’est-à-dire notamment à la frontière entre la Turquie et la Grèce, par où affluent des milliers de réfugiés ces dernières semaines.

Les « limites » de l’Allemagne

« Des mesures efficaces sont à présent nécessaires pour stopper l’afflux », a écrit Alexandre Dobrindt. Selon lui, les « limites de capacité » d’accueil de l’Allemagne « sont atteintes ». Samedi, Angela Merkel, surnommée « maman » par nombre de réfugiés depuis qu’elle a décidé de leur ouvrir largement son pays, avait demandé des efforts à la Grèce pour mieux protéger les frontières extérieures de l’UE. L’Allemagne qui attend un record de 800.000 demandeurs d’asile cette année, souhaite également renforcer « d’urgence » le dialogue avec la Turquie, par où passent nombre de réfugiés, venant de Syrie notamment.

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Des manifestations pour plus de générosité

De Londres à Copenhague, les opinions publiques de plusieurs pays d’Europe occidentale se sont mobilisées samedi en demandant plus de générosité pour l’accueil des réfugiés. Derrière des banderoles « Ouvrez les frontières » ou « La vie des réfugiés compte », des dizaines de milliers de personnes ont défilé.

A Londres, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté. Au Danemark, dont les autorités cherchent à bloquer le flux de migrants, 30.000 personnes ont défilé à Copenhague. Ils étaient plusieurs milliers à Madrid, un millier à Stockholm, autant à Helsinki et à Lisbonne. A Athènes, les manifestants portaient des panneaux en anglais portant les inscriptions « Ouvrez les frontières » et « Non à la forteresse Europe ».

En France, les appels à manifester n’ont suscité qu’une faible mobilisation : le principal rassemblement a réuni quelque 700 personnes à Nice (sud-est), davantage qu’à Paris et Lyon (centre), mais le gouvernement a annoncé une augmentation à venir des capacités d’accueil des migrants.

L’Europe divisée en deux

Le ton change de l’autre côté de l’ex-rideau de fer : à Varsovie, plusieurs milliers de personnes arboraient des banderoles « L’islam, c’est la mort de l’Europe ». « Nous sommes là pour que (…) la décision d’accueillir les musulmans soit abandonnée », a lancé l’un des organisateurs à la foule, qui a fait une prière à la Vierge Marie. Varsovie a accepté d’accueillir 2.000 réfugiés mais refuse la logique des quotas prônée par Bruxelles. D’autres manifestations du même type, réunissant des centaines de participants, ont eu lieu à Bratislava et Prague, où les orateurs ont appelé le gouvernement à quitter l’UE.

Une aide pour les pays voisins de la Syrie ?

Chef de file de la ligne dure, le Premier ministre populiste Viktor Orban réclame une aide européenne de 3 milliards d’euros pour que les pays voisins de la Syrie : Turquie, Liban et Jordanie, qui hébergent à eux seuls quatre millions de réfugiés, puissent faire face à leurs obligations.