Londres remonte une filière de médecins

©2007 20 minutes

— 

Huit suspects dont sept médecins exerçant au Royaume-Uni. L'enquête sur les attentats manqués ce week-end à Londres et à Glasgow avance. Tous étaient originaires de l'étranger, notamment du Proche-Orient, et travaillaient dans des hôpitaux. Y compris le conducteur de la Jeep qui s'est encastrée dans le terminal de l'aéroport de Glasgow samedi. Comme si, en Grande-Bretagne, le terrorisme islamiste passait désormais par le NHS, le service national de santé auquel tous auraient été intégrés « de manière parfaitement légitime », selon les services de sécurité britanniques. Hier soir, l'enquête s'est élargie à l'Australie après l'annonce de l'arrestation dans ce pays d'un autre suspect, un médecin indien de 27 ans, présenté par ses collègues comme compétent et un « citoyen modèle ».

Les trois médecins officiellement arrêtés au Royaume-Uni ont suivi eux aussi des trajectoires apparemment sans histoire. L'itinéraire de celui qui est présenté comme le cerveau des attentats manqués paraît même remarquable. Jordanien, issu d'une famille modeste, Mohammed Jamil Abdelkader Asha a suivi sa scolarité secondaire au Jubilée, une école pour enfants doués à Amman. Et en 2005, jeune diplômé, il est parti au Royaume-Uni pour « sa spécialisation de neurologue », selon son père, qui le décrit comme « pieux mais certainement pas un extrémiste islamiste ». La présence de médecins parmi les suspects suscite l'effroi en Grande-Bretagne. En revanche, l'absence de ressortissants britanniques rassure presque le Royaume-Uni, traumatisé par le fait que trois des quatre kamikazes des attentats du 7 juillet 2005 avaient grandi sur son sol.

recrues Les hôpitaux britanniques ont recruté à l'étranger par manque d'effectifs. Sur les 240 000 médecins travaillant pour le NHS, environ 75 000 ont été formés à l'étranger, dont 27 500 en Inde et près de 2 000 en Irak.