Grande-Bretagne: Le travailliste Jeremy Corbyn veut «changer la politique»

GRANDE-BRETAGNE Le favori dans la course à la direction du Labour a su insuffler l'espoir en prenant position contre l'austérité et pour la renationalisation des chemins de fer et de l'énergie...

20 Minutes avec AFP
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Jeremy Corbin le 8 septembre 2015.
Jeremy Corbin le 8 septembre 2015. — Dave Warren/LNP/REX Shu/SIPA

Jeremy Corbyn, le favori dans la course à la direction du Labour, a lancé jeudi soir à ses partisans, lors de son dernier meeting de campagne, vouloir «changer la politique au Royaume-Uni» s'il devient samedi le nouveau chef du parti travailliste.

Qui est Jeremy Corbyn, la nouvelle coqueluche des anti-austérité?

«Nous changeons la politique au Royaume-Uni, nous défions l'idée qui voudrait que seules les questions individuelles comptent et à la place, nous disons que le bien commun est notre aspiration à tous», a-t-il affirmé dans la «Rock Tower», une église de pierre grise située dans son fief d'Islington Nord, dans le nord de Londres, dont il est député depuis 1983.

«Levez-vous contre ces coupes budgétaires honteuses»

«Levez-vous contre ce que fait ce gouvernement. Levez-vous contre ces coupes budgétaires honteuses», a ajouté à la tribune le vétéran âgé de 66 ans, vêtu d'une chemise jaune et d'une veste flottante, devant plusieurs centaines de militants et sympathisants du Labour. Jeunes et vieux arboraient des badges rouges proclamant: «J'ai voté Corbyn» ou des pancartes affirmant : «J'ai voté pour une nouvelle forme de politique».

Le vote pour élire le leader du parti d'opposition britannique s'est clos jeudi à 13h (heure française). Si le résultat du scrutin, qui a réuni quelque 610.000 votants, ne sera connu que samedi, la société de paris Ladbrokes a d'ores et déjà prédit que Corbyn allait l'emporter avec 53,5% des suffrages contre 21,5% pour Yvette Cooper, 17,5% pour Andy Burnham et 7,5% pour Liz Kendall.

Contre l'austérité et pour la renationalisation des chemins de fer et de l'énergie

Jeremy Corbyn, qui affirme avoir mené «une campagne d'idées», a su insuffler l'espoir en prenant une position radicalement à gauche, en faveur des petites gens, contre l'austérité, ou encore pour la renationalisation des chemins de fer et de l'énergie, qui a séduit la base du parti et les syndicats --à défaut d'emporter l'adhésion de ses collègues députés du Labour.«Nous voulons vivre dans une société où personne ne dort par terre, personne n'est SDF et où l'on prend soin de tout le monde», martelait-il jeudi soir. Pacifiste convaincu, il s'est aussi prononcé pour la dépénalisation du cannabis.

La campagne de Jeremy Corbyn «a touché les coeurs de tant de gens», lance, lyrique, Len McCluskey, le secrétaire général du syndicat Unite qui lui a apporté son soutien, comme les principaux autres syndicats.«De toutes les émotions humaines, l'espoir est la plus puissante. C'est ce que tu nous donnes, Jeremy», a-t-il lancé.