Sexisme dans la BD: 147 dessinatrices se mobilisent

MOBILISATION Sur le site Bdegalite.org, créé pour l'occasion, sont publiés des témoignages accablants...

20 Minutes avec agence
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Illustration du «collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme».
Illustration du «collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme». — Julie Maroh

Cent quarante-sept dessinatrices du monde la bande dessinée (BD) ont décidé lever leur crayon pour dénoncer le sexisme ambiant touchant leur activité. « En bande dessinée comme en société, nous sommes beaucoup trop habituées à être renvoyées à notre sexe de façon réductrice et désagréable, pour ne pas dire de façon oppressante », annonce ainsi le collectif réuni sous la bannière « Créatrices de bande dessinée contre le sexisme ».

« Machin y croyait pas que c’était une fille qu’avait dessiné »

Les célèbres Virginie Augustin, Pénélope Bagieu, Florence Cestac ou Marion Montaigne mais aussi des auteures plus confidentielles témoignent également de ce « sexisme ordinaire » sur le site internet Bdegalite.org, créé pour l’occasion. « Quand j’arrive quelque part avec un ami dessineux je suis forcément sa femme : la dernière fois, au festival d’Alger, je suis arrivée avec Farid Boudjellal et pendant toute la durée du festival je suis restée madame Boudjellal », raconte ainsi Florence Cestac.

« Machin y croyait pas que c’était une fille qu’avait dessiné », « c’est pas un dessin de gonzesse » ou « ça se voit que c’est un dessin de gonzesse », énumère Virginie Augustin.

Le monde de la BD n’est, à l’origine, pas « sexué »

Quant à la charte officielle du Collectif des 147, forte de mots frappants, elle explique que le monde de la BD n’est, à l’origine, pas « sexué » : « Puisque "la bande dessinée masculine" n’a jamais été attestée ni délimitée, il est rabaissant pour les femmes auteures d’être particularisées comme créant une "bande dessinée féminine". »

Celles qui estiment que « publier des collections » féminines « est misogyne » attendent donc aujourd’hui que les éditeurs, les libraires, les institutions ou les journalistes œuvrant dans leur domaine prennent leurs responsabilités en reconnaissant ce sexisme et en n’agissant plus de manière « discriminatoire ».

VIDEO. Vous avez interviewé la p’tite Blan et Galou pour leur « Guide de survie en milieu sexiste »

De fait, elles appellent, entre autres, les libraires « à ne pas séparer les livres faits par des femmes ou soi-disant adressés aux filles lorsqu’ils organisent leurs étalages » ou les intervenants de la chaîne du livre « à rendre visibles davantage de femmes, de schémas familiaux et homoparentaux, de personnes de couleur, de pluralité ethnique et sociale ».