Crise des migrants : Vers la mise en place de «hotspots» pour enregistrer les réfugiés?

EUROPE L’Europe se divise sur la création de ces centres qui pourraient être installés aux frontières de l’UE…

R.S.

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Un homme masqué tient une pancarte où est inscrit "Réfugié de guerre" lors d'une marche en mémoire des migrants morts en tentant de rejoindre l'Angleterre, le 8 août 2015 à Calais
Un homme masqué tient une pancarte où est inscrit "Réfugié de guerre" lors d'une marche en mémoire des migrants morts en tentant de rejoindre l'Angleterre, le 8 août 2015 à Calais — PHILIPPE HUGUEN AFP

Face à l’afflux vers l’Europe de réfugiés de guerre, demandeurs d’asile ou migrants aspirant simplement à une vie moins rude, l’Union européenne pourrait bien envisager la création de camps d’urgence spécifiques. Même si cette question est loin de faire l’unanimité.

Pour quoi faire ? Parmi les migrants, certains réclament le statut de demandeur d’asile. D’autres non. L’idée est de classer les requêtes dès l’arrivée des personnes aux frontières de l’Europe. Certains politiques évitent l’euphémisme en parlant clairement de « centre de tri ». Pour le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, ces centres permettraient « à ceux qui relèvent du statut de réfugié de trouver rapidement une protection au sein de l’Union européenne. » Et à ceux qui relèvent de l’immigration économique, d’être reconduits dans leur pays d’origine. Selon la Commission européenne, ces centres doivent pouvoir étudier les demandes d’asile dans les 72 heures après l’arrivée des migrants. Jusque-là, les accords de Dublin sur le droit d’asile stipulent que c’est au pays dans lequel est arrivé le migrant de prendre en charge l’enregistrement.

Où les installer ? Aux frontières de l’Union européenne, aux points de passages les plus empruntés par les migrants. Les zones où les canaux de fortune débarquent, notamment sur les îles italiennes ou grecques sont citées. Mais l’idée d’en implanter directement au Proche-Orient ou en Afrique est également évoquée. Enregistrer les demandes d’asile sur les continents voisins pourrait ainsi convaincre les candidats au départ de ne pas tenter la dangereuse traversée de la Méditerranée.

Qui y est favorable ? Dès le mois de mai, la Commission européenne a employé le terme de « hotspots » en évoquant une « approche d’urgence ». Bernard Cazeneuve puis le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, ont récemment défendu cette idée. Donald Tusk, président du Conseil européen, voit en ces « hotspots » une alternative aux camps de réfugiés existent déjà hors d’Europe. Mais l’initiative trouve pour l’instant un écho moins favorable au sein des pays concernés par leur installation. L’Italie en tête, par l’intermédiaire de chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, soutenue par le pape qui refuse une telle distinction entre réfugiés. « Nous ne pouvons pas déstabiliser des pays déjà confrontés à d’énormes défis avec les camps et les réfugiés (…) et cela demanderait d’énormes ressources de notre part », indiquait-elle récemment.