Migrants: Il n’y a pas que l’Europe qui accueille des réfugiés syriens

MONDE L'Amérique latine et l'Australie sont volontaires...

M.P. avec AFP

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Manifestation d'Australien en faveur de l'accueil des réfugiés à Sydney, le 7 septembre 2015.
Manifestation d'Australien en faveur de l'accueil des réfugiés à Sydney, le 7 septembre 2015. — W. WEST

La crise des migrants ne touche pas que l’Europe, qui a pourtant bien du mal à s’organiser. L’Australie va en effet accueillir 12.000 réfugiés syriens ou irakiens supplémentaires pour faire face à la crise humanitaire au Proche-Orient, a annoncé son gouvernement ce mercredi.

Le gouvernement de Tony Abbott, dont la ligne sur l’immigration est très dure, a dû céder face à la pression populaire née après la diffusion des images du corps du petit Aylan, échoué sur une plage turque, qui ont ému le monde entier. L’Australie a décidé d’accueillir en priorité les femmes, enfants et familles appartenant aux minorités persécutées qui se sont réfugiés en Jordanie, au Liban et en Turquie.

Canberra va également augmenter son aide humanitaire - à hauteur de 44 millions de dollars australiens (27 millions d’euros) - aux 240.000 personnes déplacées par le conflit dans les pays voisins de l’Irak et de la Syrie.

Le Brésil en pointe

Par ailleurs, à des milliers de kilomètres de là, l’Amérique Latine se mobilise aussi pour venir en aide aux réfugiés. Habitué aux déclarations chocs, le président socialiste du Venezuela Nicolas Maduro, fidèle soutien du régime de Bachar al-Assad, a affirmé lundi soir vouloir que « 20.000 Syriens, des familles syriennes, viennent dans notre patrie vénézuélienne », qui compte déjà « une grande communauté syrienne ».

Son homologue brésilienne Dilma Rousseff (gauche) a elle déclaré lundi être prête à accueillir « à bras ouverts les réfugiés » qui « expulsés de leur patrie, voudraient venir vivre, travailler et contribuer à la prospérité et à la paix du Brésil ». Avec plus de 2.000 réfugiés syriens, le Brésil est le pays d’Amérique latine qui a accueilli le plus de ressortissants de cette nationalité depuis le début de la guerre en 2011.

Depuis deux ans, le géant latino-américain a assoupli les procédures d’immigration pour les Syriens et s’apprête à renouveler la mesure. Et ces quatre dernières années, de 4.000, les réfugiés sont passés à 8.400.

En Uruguay, les réfugiés veulent partir

Même tonalité au Chili, où aucun réfugié n’est toutefois encore arrivé pour l’heure. Mardi, le ministre des Affaires étrangères Heraldo Muñoz a confirmé que « la décision (d’accueillir des réfugiés) a été prise par la présidente » Michelle Bachelet (gauche).

Attention toutefois, la greffe ne prend pas toujours entre les réfugiés venus de Syrie et leur nouveau pays d’accueil comme en Uruguay, un des premiers pays dans la région à mettre en place un programme d’accueil en 2014 spécifiquement adressé à 117 réfugiés syriens au total.

Depuis lundi, cinq familles avec enfants ont en effet déposé leurs valises face à la présidence, demandant à quitter le pays, où ils disent rencontrer des difficultés d’intégration et économiques, malgré des allocations pouvant dépasser 2.000 dollars par mois selon la composition des familles.