Migrants: Juncker veut que l'UE se répartisse 160.000 réfugiés dès la semaine prochaine

EUROPE Le président de la Commission européenne a présenté ses propositions pour répartir les réfugiés de l'Union européenne ce mercredi...

R.S.

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Des migrants font la queue pour se faire enregistrer par la police grecque, sur l'île de Lesbos, le 8 septembre 2015
Des migrants font la queue pour se faire enregistrer par la police grecque, sur l'île de Lesbos, le 8 septembre 2015 — ANGELOS TZORTZINIS AFP

« Tout le monde doit être dans le même bateau. » Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker ne fait pas référence à une embarcation de fortune quand il évoque la résolution de la crise des migrants, mercredi matin. Cette fois, c’est bien d’une coque solide dont il est question, capable d’accueillir « en Europe 160 000 réfugiés dès la semaine prochaine. » Ce chiffre correspond à l’addition d’une précédente proposition de répartir 40.000 réfugiés arrivés sur le sol européen, avec une nouvelle proposition d’urgence portant sur 120.000 personnes se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie. Voici les grands axes du plan présenté par le président de la Commission européenne, ce mercredi matin.

Un plan obligatoire et contraignant. Cette fois, il n’y a plus d’échappatoire pour les pays de l’Union respectant « les principes d’un Etat de droit (…) C’est 160 000 personnes que les Européens doivent prendre dans leurs bras (…) Ceci doit être fait de façon obligatoire », a insisté Juncker. Même s’il n’a pas détaillé les quotas de migrants, la France devrait en accueillir 24.031. Plus que l’Espagne (19.219) mais moins que l’Allemagne (40.206). Il a aussi pointé l’attitude hostile envers les migrants de certains pays de l’Est, dont la Hongrie de Viktor Orban. « Il ne faut pas construire des murs », a-t-il glissé au sujet d’un pays qui a lui même connu des migrations pour fuir la dictature par le passé.

Pas de tri selon les religions. Le président de la Commission a été très clair, la répartition des réfugiés ne se fera pas sur la base de critères religieux. « On parle d’êtres humains. Il n’y a pas de religion, de croyance, de philosophie quand il s’agit de réfugiés. Nous ne faisons pas de distinction (…) L’hiver approche. Des familles vont dormir dans des halls de gare à Budapest, dans des tentes froides, la nuit, avec le gel », a martelé Juncker lors de son discours.

5 milliards d’euros débloqués. Jusqu’à présent, l’effort financier de l’Union n’est pas suffisant pour résoudre la crise. Jean-Claude Juncker exige de « rehausser l’aide au développement » Il a par ailleurs salué l’élan humaniste observé ces derniers jours à Munich notamment. « L’Europe dans laquelle je veux vivre, c’est celle qui applaudit les réfugiés dans les gares. C’est le boulanger de l’île de Kos qui distribue du pain à ceux qui sont dans le besoin. » A l’inverse d’une Europe qui « refoule les bateaux, met le feu à des camps de réfugiés et tourne le dos aux personnes désespérées. »

Les frontières extérieures de l’UE renforcées. Il n’est pas question de revenir sur l’espace Shengen, qui se caractérise par la libre circulation des personnes au sein de l’Union. En revanche, une politique commune nécessite des efforts conjoints pour préserver les frontières extérieures de l’UE souligne Juncker : « Nous devons nous rapprocher pour gérer les frontières externes avec des portes sécurisées vers l’Europe. » Une nécessité pour dissuader les passeurs, selon lui.