David Cameron révèle que le Royaume-Uni a mené fin août une première frappe en Syrie

MONDE Le drone a tué trois hommes du groupe Etat islamique (EI), dont deux Britanniques...

20 Minutes avec AFP

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David Cameron a tenu une conférence de presse avec son homologue espagnol Mariano Rajoy à Madrid vendredi 4 septembre 2015.
David Cameron a tenu une conférence de presse avec son homologue espagnol Mariano Rajoy à Madrid vendredi 4 septembre 2015. — Francisco Seco/AP/SIPA

Le Premier ministre britannique David Cameron a révélé ce lundi que son pays avait mené une première frappe en Syrie fin août, avec un drone tuant trois hommes du groupe Etat islamique (EI), dont deux Britanniques, devant les députés de la Chambre des Communes.

«Aujourd'hui, je peux dire à cette chambre que (le Britannique) Reyaad Kahn a été tué lors d'une frappe méticuleusement préparée et menée par un drone de la RAF le 21 août alors qu'il se trouvait dans un véhicule dans la région de Raqqa», a déclaré David Cameron. Le Premier ministre a ajouté que deux autres membres de l'EI avaient été tués lors de cette frappe, dont un second Britannique.

«Nous n'avions pas le choix» car ces hommes étaient en train de recruter et de «préparer des attaques barbares» contre l'Occident, a-t-il affirmé. Et parce que «dans cette région, il n'y a pas de gouvernement avec lequel nous puissions travailler», a-t-il ajouté.

Un attentat était en prévision

Selon le Daily Telegraph, citant des sources gouvernementales anonymes, l'un des Britanniques préparait un attentat contre les cérémonies londoniennes de commémoration de la victoire sur le Japon, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, auxquelles ont assisté en août la reine Elizabeth II et David Cameron.

En septembre 2014, le Parlement britannique avait seulement donné son feu vert à des frappes contre l'EI en Irak mais non en Syrie. Et en 2013, les députés avaient infligé un camouflet au chef du gouvernement en rejetant une action militaire, cette fois contre le régime de Bachar al-Assad, après des attaques chimiques mises sur le compte des forces gouvernementales.

Davantage de coordination entre Londres et Paris

En raison d'une courte majorité parlementaire, et parce que certains dans son camp sont contre des frappes en Syrie, le Premier ministre pourrait avoir besoin du soutien de l'opposition pour participer aux bombardements de la coalition contre l'EI en Syrie.

Son ambition risque toutefois de se heurter à la probable élection du pacifiste Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste. Ce dernier a déclaré lundi matin sur la BBC que les frappes «créeraient plus de problèmes qu'elles n'en régleraient».

Dans la soirée, François Hollande et David Cameron se sont entretenus au téléphone, évoquant «la Syrie et le renforcement de l'action de la France et du Royaume-Uni pour se coordonner dans leur lutte contre Daesh et travailler en parallèle à une transition politique ordonnée», selon un communiqué de l'Elysée.