Burundi: 4 morts dans une nouvelle série d'attaques à la grenade

© 2015 AFP

— 

Un soldat sort d'une maison incendiée par des opposants le 5 juin 2015 à Mugongomanga, près de Bujumbura
Un soldat sort d'une maison incendiée par des opposants le 5 juin 2015 à Mugongomanga, près de Bujumbura — CARL DE SOUZA AFP

Quatre personnes ont été tuées et une trentaine blessées dans la nuit de dimanche à lundi dans une nouvelle série d'attaques à la grenade dans le nord du Burundi et à Bujumbura, à une semaine des législatives, selon des sources policières et administratives.

La plupart de ces attaques ont visé des bars. La plus sanglante - quatre morts, 25 blessés - est survenue à Ngozi (nord), province natale et fief du chef de l'Etat Pierre Nkurunziza.

Onze policiers avaient déjà été blessés dans la nuit de vendredi à samedi dans plusieurs attaques à la grenade dans la capitale. Bujumbura est depuis fin avril l'épicentre d'un mouvement populaire d'opposition à la candidature à un troisième mandat du président Nkurunziza lors de la présidentielle prévue le 15 juillet, après les législatives et communales du 29 juin.

«Hier vers 19H30, une grenade a été lancée dans un débit de boisson local de Burengo, à l'entrée de la ville de Ngozi (nord), elle a fait 4 morts et 25 blessés dont 10 sont dans un état grave», a annoncé à l'AFP une source policière sur place.

Deux autres attaques ont visé des bars dans les provinces voisines de Kirundo et Muyinga, selon les gouverneurs de ces provinces. La première a fait un blessé, la seconde n'a pas fait de victime, selon ces mêmes sources.

«On n'a pas pu identifier les responsables de cette attaque», a déclaré la gouverneure de Muyinga, Aline Manirabarusha. Mais ses auteurs «veulent faire peur à la population pour empêcher les gens d'aller voter».

A Bujumbura, deux policiers ont également été blessés par une grenade lundi matin lors d'une patrouille dans le quartier contestataire de Musaga, selon un haut gradé de la police.

«Toutes ces attaques à la grenade sont liées les unes aux autres. Il s'agit d'une campagne de terreur organisée par des opposants au 3e mandat du président Pierre Nkurunziza pour tenter de destabiliser et d'empêcher les élections», a-t-il estimé.

Le Burundi est plongé dans une grave crise politique depuis l'annonce, le 26 avril, de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat.

Essentiellement concentrées à Bujumbura, mais aussi dans quelques foyers en province, les manifestations ont été émaillées de heurts entre les contestataires et la police, qui a souvent ouvert le feu à balles réelles.

Les diverses violences liées à la contestation - affrontements, grenades, meurtres - ont fait au moins 70 morts, selon une organisation burundaise de défense des droits de l'homme.

Les législatives ont déjà été reportées à deux reprises et la présidentielle une fois. Malgré la pression de la communauté internationale qui dénonce un climat peu propice, le gouvernement a exclu de reporter une nouvelle fois les scrutins.