Pour Viktor Orban, l'afflux des réfugiés menace l'identité chrétienne de l'Europe

MIGRANTS Le Premier ministre hongrois met en garde l'Europe contre l'arrivée massive de réfugiés musulmans dans une tribune...

20 Minutes avec AFP

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Le Président du conseil européen, Donald Tusk (à gauche) reçoit le Premier ministre hongrois Viktor Orban.
Le Président du conseil européen, Donald Tusk (à gauche) reçoit le Premier ministre hongrois Viktor Orban. — Virginia Mayo/AP/SIPA

La campagne anti-migrants d'Orban se poursuit. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban juge que l'afflux des réfugiés en Europe, «musulmans dans leur majorité», constitue une menace pour l'identité chrétienne de l'Europe, dans une tribune publiée jeudi dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

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Pour Tusk, être chrétien, c'est faire preuve de solidarité

«Il ne faut pas oublier que ceux qui arrivent (...) sont les représentants d'une culture profondément différente», affirme Viktor Orban. «Dans leur majorité, ce ne sont pas des chrétiens mais des musulmans. C'est une question importante, car l'Europe et l'identité européenne ont des racines chrétiennes», poursuit-il. «N'est-ce pas déjà en soi préoccupant que la culture chrétienne de l'Europe ne soit quasiment plus en capacité de maintenir l'Europe dans le système de valeurs chrétiennes ? Si l'on perd cela de vue, la pensée européenne peut se retrouver en minorité sur son propre continent», estime le Premier ministre hongrois, actuellement en déplacement à Bruxelles.

En réaction à cette tribune, le président du Conseil européen Donald Tusk, qui recevait jeudi Viktor Orban à Bruxelles, a déclaré alors qu'il se trouvait à ses côtés: «je voudrais souligner que pour moi être chrétien en public, dans la vie sociale, signifie avoir un devoir envers ses frères dans le besoin». Etre chrétien, c'est «montrer que l'on est prêt à faire preuve de solidarité» et «pour un chrétien, cela ne devrait pas être une question de race ou de religion», a-t-il déclaré.

Il refuse de parler de quotas de réfugiés

Dans le FAZ, Viktor Orban juge par ailleurs inutile de parler de quotas d'accueil tant que le flot de réfugiés n'est pas stoppé. «La protection des frontières est la question la plus importante», assure-t-il, ajoutant: «L'Europe doit comprendre que l'on ne peut pas accueillir quand on est submergé. Et là, on est submergé».

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