Moyen-Orient: 13 millions d'enfants privés de rentrée scolaire à cause des guerres

EDUCATION Plus de 8.850 écoles en Syrie, Irak, Yémen et Libye ne peuvent plus accueillir d'élèves parce qu'elles ont été endommagées ou détruites...

20 Minutes avec agence

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Des enfants palestiniens réfugiés dans une école à Gaza regardent du balcon la chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini lors de son discours, le 8 novembre 2014
Des enfants palestiniens réfugiés dans une école à Gaza regardent du balcon la chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini lors de son discours, le 8 novembre 2014 — Mahmud Hams AFP

Plus de 13 millions d’enfants sont privés d’école au Moyen-Orient en raison des conflits dévastant de nombreux pays de la région. Selon l’Unicef, qui déplore une « situation désastreuse » pour toute une génération dans un rapport publié ce jeudi, « l’impact destructeur des conflits est ressenti par les enfants dans toute la région » (Syrie, Irak, Yémen, Libye, Territoires palestiniens et Soudan, ou encore Liban, le Jordanie et Turquie).

« Il ne s’agit pas seulement de dégâts matériels dans des écoles, mais aussi du désespoir ressenti par une génération d’écoliers qui voient leurs espoirs et leur avenir brisés », regrette Peter Salama, le directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

 

 

Des écoles « transformées en casernes » ou occupées par les combattants

Au total, ce sont donc plus de 13 millions d’enfants, soit quatre enfants sur dix dans les pays les plus touchés, qui ne sont pas scolarisés alors que la région semblait en passe, « il y a quelques années, d’atteindre l’objectif de l’éducation pour tous », souligne l’Unicef.

Plus de 8.850 écoles en Syrie, Irak, Yémen et Libye ne peuvent plus accueillir d’élèves parce qu’elles ont été endommagées ou détruites, abritent des déplacés ou sont occupées par des belligérants, selon le rapport. Ainsi au Yémen, certaines écoles ont été « transformées en casernes », notamment par les rebelles chiites Houthis, « privant les élèves du deuxième semestre de l’année scolaire », se plaint un instituteur de Sanaa, identifié par son prénom Abdel Hakim.

 

VIDEO. Attaque d’une école Peshawar : Retour sur un bain de sang

Aller à l’école, un « danger » pour de nombreux enfants

Dans la bande de Gaza, les enfants utilisent, eux, leurs établissements scolaires comme refuges parce que leurs maisons ont été détruites lors de la guerre de l’été 2014. De même en Irak où des écoles accueillent certains des trois millions de déplacés contraints de fuir leurs villes affectées par les violences, liées notamment au groupe Etat islamique (EI).

En Syrie, au Soudan et au Yémen ainsi que dans une grande partie de la Libye, les parents n’envoient plus leurs enfants à l’école par crainte pour leur sécurité, précise encore l’Unicef. Aller à l’école est « plein de danger » pour de nombreux enfants, souligne l’organisation qui a dénombré 214 attaques contre des écoles dans la région en 2014.

Les conflits armés privent 28 millions d’enfants d’éducation

 

En Lybie, plus de 52.000 enseignants ont quitté leur poste

A Benghazi, la deuxième ville de Libye, seuls 65 des 239 établissements scolaires sont toujours ouverts et l’Unicef indique que plus de 52.000 enseignants ont quitté leur poste. Dans les pays voisins, plus de 700.000 enfants syriens ne sont pas à l’école, en particulier en Turquie et au Liban où les écoles sont surpeuplées et manquent de moyens.

Les conflits ont par ailleurs considérablement réduit les moyens de subsistance des familles, poussant les enfants à quitter l’école pour travailler dans des conditions difficiles et pour des salaires dérisoires. Privés de scolarité, certains jeunes finissent par rejoindre, volontairement ou non, des groupes armés. Au Yémen, Haj Saïd se plaint que son fils de 16 ans, Anwar, « a fini par rejoindre la province de Dhaleh (sud) où il a pris les armes aux côtés des Houthis ».

 

Etre écolier en temps de guerre

Faire de l’éducation l’une des priorités de l’aide humanitaire

L’absence d’éducation est l’une des raisons souvent mises en avant par les réfugiés syriens cherchant à se rendre en Europe. Pour éviter un gâchis total pour une génération entière, l’Unicef appelle notamment à renforcer les méthodes d’enseignement individuel, notamment numériques, et à faire de l’éducation l’une des priorités de l’aide humanitaire, qui y consacre actuellement moins de 2 % du total de ses fonds.