La colère de la communauté musulmane britannique

A Londres, Eric Albert

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La phrase a été écrite avant les attentats déjoués de Londres et Glasgow. Expert des problèmes d'intégration à l'université de Birmingham, Tahir Abbas dresse un constat sans appel: «A moins que plus d'efforts soient faits pour s'attaquer aux discriminations et inégalités structurelles de la communauté musulmane (...), la menace potentielle d'un islamisme violent demeure.»

Presque deux ans après les attentats du 7 juillet 2005, et, alors que le risque terroriste n'a jamais été aussi élevée, la Grande-Bretagne craint de se retrouver une nouvelle fois face à des cellules développées par des musulmans Britanniques. Un nouvel aveu d'échec pour la politique anti-terroriste britannique, qui, selon Tahir Abbas, s'explique en grande partie par la mise à l'écart de la communauté musulmane. «Déjà généralement exclue, désavantagée, aliénée, vilipendée, les minorités musulmanes sont désormais montrées de façon négative», écrit-il. Les jeunes musulmans britanniques, généralement nés en Grande-Bretagne, se retrouvent aux prises avec deux mouvements qui les poussent à se radicaliser: « Ils sont influencés à la fois par les radicaux islamistes qui importent des traditions de l'étranger et à la fois par les reculs du multiculturalisme britannique. »

Le sentiment de discrimination des musulmans britanniques est-il exagéré? «Depuis la loi anti-terroriste de 2001, environ 1000 personnes ont été arrêtées, rappelle Tahir Abbas En décembre 2006, la moitié avait été libérée sans inculpation. Seulement 350 ont été inculpés sous la loi antiterroriste. Au final, 20 ont été condamnés, dont quatre islamistes.»
Pour Tahir Abbas, ces dernières années, seules les mesures répressives ont été prises, oubliant le travail d'intégration et de rapprochement des communautés.