Guatemala: Visé par un mandat d'arrêt pour corruption, le président démissionne

GUATEMALA Otto Pérez est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau de corruption...

20 Minutes avec AFP

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Manifestation devant le Parlement du Guatemala le 1er septembre 2015.
Manifestation devant le Parlement du Guatemala le 1er septembre 2015. — Moises Castillo/AP/SIPA

Après des mois d’intense pression populaire et à quelques heures d’une probable destitution sur des soupçons de corruption, le président du Guatemala Otto Pérez a finalement démissionné, bouleversant le paysage politique du pays à quelques jours des élections.

Le dirigeant conservateur, au pouvoir depuis 2012, a pris cette décision afin d’affronter « de manière individuelle la procédure menée à son encontre », a annoncé jeudi son porte-parole dans un communiqué. Un juge guatémaltèque avait lancé mercredi un mandat d’arrêt à l’encontre du président Otto Pérez, accusé d’avoir dirigé un vaste réseau de corruption et privé mardi de son immunité, a annoncé le parquet.

Le président peut rester à son poste d’après la loi

Le président conservateur, un général en retraite de 64 ans au pouvoir depuis 2012, avait été privé mardi de son immunité par un vote à l’unanimité du Parlement, une mesure inédite dans l’histoire du Guatemala et célébrée par une foule d’habitants. Dès mardi soir, la justice lui avait interdit de sortir du territoire.

Selon la loi guatémaltèque, le président peut rester à son poste même s’il perd son immunité et fait l’objet de poursuites pénales, sauf si un juge décrète son placement en détention provisoire, auquel cas il serait destitué et remplacé par son vice-président. Il a donc décidé de prendre les devants.

Un système de corruption au sein des douanes

Cette démission survient alors que le pays centraméricain vit un moment de mobilisation populaire sans précédent et à quelques jours seulement des élections générales prévues dimanche, auxquelles Otto Pérez ne se représente pas, la Constitution n’autorisant qu’un seul mandat.

Otto Pérez est accusé par le parquet et une commission de l’ONU contre l’impunité (Cicig) d’avoir dirigé un système de corruption au sein des douanes, via lequel des fonctionnaires touchaient des pots-de-vin pour exonérer de taxes certaines importations. Malgré les nombreux appels à sa démission, il refuse pour l’instant de quitter son poste, son mandat se prolongeant jusqu’au 14 janvier 2016.