VIDEO. Crise des migrants: L'image d'un enfant noyé crée un électrochoc en Europe

MONDE L'embarcation où se trouvait le petit garçon a fait naufrage en tentant de rallier la Grèce depuis la Turquie...

20 Minutes avec AFP

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L'image de l'enfant mort sur une plage turque choque le monde, le 2 septembre 2015
L'image de l'enfant mort sur une plage turque choque le monde, le 2 septembre 2015 — Uncredited/AP/SIPA

Les images font la une d'une partie de la presse européenne. Alors que les tensions montent face à l'afflux de dizaines de milliers de réfugiés et de migrants, plusieurs journaux britanniques publient des photos choquantes montrant, sur une plage turque, le corps d'un petit garçon de 3 ans mort noyé dans le naufrage de deux embarcations transportant des Syriens.

Un enfant retrouvé mort sur une plage turque, le 2 septembre 2015 - Uncredited/AP/SIPA

 

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Ces bateaux étaient partis dans la nuit de mardi à mercredi de la ville côtière turque de Bodrum à destination de l'île grecque de Kos, l'un des plus courts passages maritimes entre la Turquie et l'Europe, lorsqu'ils ont chaviré, selon les garde-côtes turcs.

 

«L'humanité échouée»

Rapidement prévenus par les cris des naufragés, les sauveteurs ont repêché douze corps sans vie parmi lesquels celui d'un garçon âgé de quelques années, dont les photos ont envahi les réseaux sociaux sous le mot-dièse #KiyiyaVuranInsanlik («l'humanité échouée» en turc).

L'une d'entre elles montre le cadavre de Aylan Kurdi, tee-shirt rouge et short bleu, face contre terre, sur une des plages de la station balnéaire de Bodrum. Son frère âgé de 5 ans a aussi perdu la vie dans le naufrage, selon des médias turcs. De nombreux internautes ont confié leur émotion sur Twitter : «Où va ce monde ?», a commenté l'un, «Plus jamais ça !», a renchéri un autre. Les images étaient aussi largement commentées dans la presse européenne.

«Symbole du drame migratoire»

Selon le quotidien britannique The Guardian [attention, les images peuvent choquer], elles résument «toute l'horreur du drame humain qui se déroule sur les côtes européennes». «Si ces images extraordinairement fortes d'un enfant syrien rejeté sur une plage ne modifient par l'attitude de l'Europe vis-à-vis des réfugiés, qu'est-ce qui le fera ?», interroge de son côté The Independent.

Même le Daily Mail a choisi de mettre la photo d'Aylan Kurdi en une. Mais les lecteurs et observateurs britanniques se souviennent que le tabloïd a régulièrement alimenté le sentiment anti-immigration, en attestent ces unes précédentes :

En Italie, le quotidien italien La Repubblica a tweeté «La photo qui fait taire le monde», et en Espagne, le journal El Pais en faisait le «symbole du drame migratoire», tandis qu'El Periodico titrait sur le «Naufrage de l'Europe».

«Certains disent que l'image est trop offensante pour être partagée en ligne ou imprimée dans nos journaux», écrit dans une tribune Peter Bouckaert, directeur pour les situations d'urgence de Human Rights Watch. «Mais ce que je trouve offensant c'est que des corps d'enfants noyés viennent s'échouer sur nos rivages, alors que l'on aurait pu en faire plus pour leur sauver la vie», a-t-il ajouté expliquant avoir lui-même longtemps hésité avant de tweeter la photo du corps d'Aylan Kurdi.