Iran: Les voitures accueillant des femmes non ou mal voilées risquent d'être confisquées

SEXISME Une manière radicale pour le pouvoir de lutter contre le relâchement progressif du respect du code vestimentaire...  

20 Minutes avec AFP

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Une femme voilée au volant d'une voiture le 2 avril 2015 à Téhéran en Iran.
Une femme voilée au volant d'une voiture le 2 avril 2015 à Téhéran en Iran. — ATTA KENARE / AFP

Elles n'ont pas intérêt à faire dépasser un cheveu de leur voile... Les voitures conduites par ou transportant des femmes mal ou non voilées à Téhéran seront confisquées, a annoncé le chef de la police routière de la capitale iranienne cité mercredi par l'agence Isna. «Si une personne dans une voiture est mal voilée ou a enlevé son voile, le véhicule sera saisi conformément à la loi», a déclaré le général Teymour Hosseini. Pour le moment «il n'y a pas d'amende prévue», a-t-il ajouté.

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Pas de temps précisé pour la confiscation

«Le dossier sera envoyé devant la justice et après un ordre judiciaire la voiture sera remise» à son propriétaire, a-t-il dit, sans préciser combien de temps le véhicule demeurera confisqué. Depuis la révolution islamique de 1979, le port du voile ou du foulard est obligatoire en Iran pour toutes les femmes, qu'elles soient iraniennes ou étrangères.

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Un relâchement progressif dans le port du voile

Mais depuis le milieu des années 90, on assiste à un relâchement progressif dans le port du voile. La police a mené ces dernières années plusieurs campagnes pour mieux faire respecter cette obligation. Dans certains quartiers riches du nord de Téhéran, il n'est pas rare de voir des conductrices dont le foulard a glissé sur les épaules. Beaucoup de jeunes femmes maquillées laissent aussi largement dépasser leur chevelure, portent des vêtements moulants et des vestes courtes.

«Certaines avenues de la capitale ressemblent à des salons de mode»

«Malheureusement, certaines avenues de la capitale ressemblent plutôt à des salons de mode», a protesté lundi le chef du pouvoir judiciaire l'ayatollah Sadegh Larijani, s'interrogeant sur le degré de «tolérance» ayant permis d'en arriver à «une telle situation». Le président modéré Hassan Rohani, élu en juin 2013, prône une plus grande ouverture politique et sociale, notamment en ce qui concerne le respect du code vestimentaire.