Europe: L'influence du lobbying pharmaceutique à Bruxelles épinglée dans une nouvelle étude

20 Minutes avec agence
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Une vue du siège de la Commission européenne à Bruxelles le 25 mai 2014
Une vue du siège de la Commission européenne à Bruxelles le 25 mai 2014 — Siska Gremmelprez BELGA

Le secteur pharmaceutique « tient fermement les rênes d’une vaste machine de lobbying, richement dotée, qui dispose d’un accès presque systématique aux décideurs de la Commission européenne ». Cette phrase sans l’ambiguïté, est issue d’une étude détaillée de l’organisation Corporate Europe Observatory (CEO), publiée ce mercredi et consacrée aux activités de l’industrie pharmaceutique à Bruxelles, capitale européenne.

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Un accès favorisé aux « groupes consultatifs » de la Commission

Les auteurs évoquent même une influence excessive de l’industrie du médicament, dans son intérêt et pouvant aller à l’encontre des règles de la concurrence, voire de la santé publique.

Le quotidien Le Monde, qui relaie les conclusions de cette étude, recense, parmi les procédures employées par le lobbying pharmaceutique, un accès favorisé aux « groupes consultatifs » de la Commission, ou encore des contacts étroits avec les membres des institutions, y compris de l’Agence européenne du médicament, le tout afin d’obtenir des facilités réglementaires pour le lancement de nouveaux médicaments sur le marché.

Un budget global de 40 millions d’euros 

Cette pratique aurait même tendance à s’étendre : le budget global en lobbying des groupes pharmaceutiques ayant leurs entrées à Bruxelles atteint aujourd’hui officiellement 40 millions d’euros (dont 2,46 millions d’euros pour le groupe allemand Bayer, le plus dépensier dans ce domaine), soit huit fois plus qu’en 2012.

De quoi intensifier considérablement l’activité des quelque 176 lobbyistes liés à l’industrie du médicament, qui ont réussi à décrocher, pour leurs puissants clients, une cinquantaine de réunions avec les directions générales de la Commission depuis novembre 2014.