Guatemala: Le président privé son immunité, les Guatémaltèques explosent de joie

JUSTICE Otto Pérez peut désormais être poursuivi pour corruption...

20 Minutes avec agences

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Le président Otto Perez Molina le 28 mai lors d'une conférence de presse à Guatemala City
Le président Otto Perez Molina le 28 mai lors d'une conférence de presse à Guatemala City — JOHAN ORDONEZ AFP

Une foule de Guatémaltèques enthousiastes a célébré, ce mardi, la levée historique de l’immunité du président Otto Pérez, 64 ans, au pouvoir depuis 2012. Des centaines d’habitants ont ainsi spontanément accouru devant le Parlement, qui venait d’approuver le retrait du bouclier judiciaire du président conservateur, grâce au vote à l’unanimité des 132 députés présents (sur 158 que compte l’assemblée).

Mi-août, une précédente demande de levée d’immunité était restée lettre morte, faute d’atteindre le nombre de votes nécessaires. Mais face à la colère grandissante de la population, les parlementaires, nombreux à jouer leur siège lors des élections générales programmées dimanche, ont cette fois appuyé la procédure.

Un système de corruption au sein des douanes

Otto Pérez est accusé par le parquet et une commission de l’ONU d’avoir dirigé un système de corruption au sein des douanes, via lequel des fonctionnaires touchaient des pots-de-vin pour exonérer de taxes certaines importations.

Son ancienne vice-présidente Roxana Baldetti est d’ailleurs déjà en détention provisoire dans ce dossier. Clamant toujours son innocence, Otto Pérez a, lui, déposé lundi un recours devant la Cour constitutionnelle pour bloquer la procédure, et attend la décision de la Cour pour demain, jeudi.

C’est donc la première fois dans l’histoire du Guatemala qu’un président perd sa protection judiciaire, ouvrant la voie à des poursuites à son encontre, pendant lesquelles le dirigeant pourra toutefois rester à son poste (sauf si un juge décrète son placement en détention provisoire). Dès mardi soir, la justice a d’ailleurs interdit à Otto Pérez toute sortie du territoire.

« Un citoyen ordinaire pour le système judiciaire »

« Il existe toujours le risque et la possibilité qu’il puisse abandonner le pays », explique, en effet, la procureure générale Thelma Aldana, estimant qu’Otto Pérez est désormais « un citoyen ordinaire pour le système judiciaire, même s’il continue d’exercer comme président ».

Cette mesure intervient alors que le pays centraméricain vit un moment de mobilisation populaire sans précédent. Des manifestations pacifiques sont en effet organisées chaque semaine depuis que, depuis avril, a été révélé ce scandale de corruption au sommet de l’Etat.