Grèce: Qui est Vassiliki Thanou, Première ministre par intérim?

POLITIQUE Première femme à diriger le gouvernement grec, Vassiliki Thanou est également présidente de la Cour suprême…

20 Minutes avec AFP

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Vassiliki Thanou, 65 ans, est présidente de la Cour suprême et désormais Première ministre par intérim.
Vassiliki Thanou, 65 ans, est présidente de la Cour suprême et désormais Première ministre par intérim. — LOUISA GOULIAMAKI / AFP

Le coup d’envoi des élections législatives anticipées en Grèce a été donné jeudi avec la nomination d’une Première ministre par intérim, Vassiliki Thanou, chargée de gérer le pays jusqu’au scrutin, prévu a priori pour le 20 septembre.

Première femme à diriger le gouvernement en Grèce

Vassiliki Thanou, présidente de la Cour suprême, doit assurer ses fonctions jusqu’au déroulement du scrutin, dont la date sera définitivement annoncée très prochainement. Agée de 65 ans, elle avait déjà été la première femme à présider l’union des magistrats et des procureurs avant d’être nommée à la tête de la Cour suprême.

Toute de blanc vêtue, cette élégante blonde a prêté serment vers 17h00 GMT au cours d’une brève cérémonie au siège de la présidence de la République, en présence notamment des hauts dignitaires de l’Eglise orthodoxe. Le nouveau gouvernement par intérim sera nommé vendredi, ont annoncé un peu plus tôt les services du Président de la République, Prokopis Pavlopoulos.

Diplômée de la Sorbonne

Mme Thanou, diplômée de l’université française de la Sorbonne, s’était fait remarquer en février en adressant au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, une lettre dans laquelle elle assurait que les dures mesures d’austérité prises par la Grèce pendant cinq ans avaient « échoué puisque la récession continue et que les riches continuent de pratiquer l’évasion fiscale ». Cette politique annihile le peuple grec, avait-elle ajouté.

Sa nomination intervient une semaine après la démission du Premier ministre Alexis Tsipras, dirigeant de la Gauche radicale Syriza, qui a quitté son poste en espérant consolider sa majorité au Parlement.

Les partis d’opposition, surtout la Nouvelle-Démocratie (droite) et le tout récent parti de L’Unité populaire, formé par des dissidents du Syriza et dirigé par l’eurosceptique Panagiotis Lafazanis, voudraient que la date retenue soit le 27 septembre pour pouvoir bénéficier d’une campagne électorale légèrement plus longue.

Conformément à la Constitution, les élections doivent avoir lieu dans un délai d’un mois après la dissolution du Parlement. Il s’agit des quatrièmes législatives organisées en trois ans en Grèce, un pays de la zone euro qui n’arrive pas à sortir de la crise de la dette.

Le pari de Tsipras

Au pouvoir pendant huit mois, Alexis Tsipras a été contraint de signer un nouvel accord avec l’UE sur un troisième prêt de 86 milliards d’euros à son pays, assorti de nouvelles mesures d’austérité, ce qui lui a coûté la scission de son parti.

La Grèce avait déjà bénéficié de deux prêts successifs de l’UE et du FMI depuis le début de la crise en 2010.

Alexis Tsipras a exclu mercredi de former un gouvernement d’unité nationale avec les partis de droite ou de gauche s’il n’obtenait pas la majorité absolue, dans un entretien avec la chaîne de télévision Alpha.

« Je ne vais pas devenir un Premier ministre qui coopère avec la Nouvelle Démocratie (droite) », le Pasok (socialistes) ou To Potami (centre gauche), a-t-il souligné, appelant les Grecs à donner la majorité absolue à son parti.

Le Premier ministre sortant avait mené des négociations ardues avec l’UE et le FMI, avant d’être contraint de se plier au « chantage » et aux « pressions » des créanciers. Il s’est dit « triste de la guerre civile » au sein de son parti, dans son entretien avec AlphaTV. « Chacun a le droit d’avoir des positions différentes (…), on sera jugé sur nos choix », a-t-il souligné.