VIDEO. Journalistes tués en Virginie: Racisme, homophobie, vengeance... Ce que l'on sait du suspect Vester Flanagan

ETATS-UNIS Le tireur présumé, qui s'est suicidé, a envoyé un long manifeste à la chaîne ABC...

P.B.
— 
Des photos de Vester Flanagan, qui a tué deux journalistes américains en direct avant de se suicider, le 26 août 2015.
Des photos de Vester Flanagan, qui a tué deux journalistes américains en direct avant de se suicider, le 26 août 2015. — TWITTER

Il s’appelle Vester Lee Flanagan. Mais pour sa carrière de journaliste, il utilisait le pseudonyme Bryce Williams. Ce mercredi matin, cet homme de 41 ans est soupçonné d’avoir fait irruption pendant l’émission matinale de la chaîne WDBJ7, en Virginie, et d’avoir abattu en plein direct deux journalistes, Alison Parker et Adam Ward, âgés de 24 et 27 ans, et blessé grièvement Vicki Garder, interviewée à l’antenne. Après une course-poursuite avec la police, il a tenté de se suicider et est finalement décédé de ses blessures à l’hôpital. Employé par la chaîne en 2012, il avait été licencié l’année suivante. Dans son manifeste, cet Afro-Américain dit avoir été victime de racisme et qu’il a « basculé » après la tuerie de Charleston. Voici les éléments à retenir.

1. Il a filmé la scène et publié la vidéo sur sa page Facebook

20 Minutes a choisi de ne pas diffuser ces images. Pendant l’interview, Flanagan reste plusieurs secondes derrière les journalistes, qui ne semblent pas le remarquer. Il sort ensuite un pistolet et fait feu à plusieurs reprises sur Alison Parker, qui tente de s’enfuir en courant.

2. Sur Twitter, il accuse Alison Parker de « racisme »

Ses comptes ont été suspendus mais le suspect a publié des messages en quasi-direct pendant sa virée meurtrière. Flanagan accuse notamment la jeune journaliste d’avoir « fait des commentaires racistes » et dit avoir porté plainte auprès de l’EEOC, en charge des problèmes de discrimination. En 2000, il avait poursuivi une autre chaîne pour « discrimination raciale ». Dans un autre tweet, le suspect s’en prend également à Adam Word : « Il est allé voir les ressources humaines après avoir travaillé avec moi une fois !!»

3. Il a été licencié par la chaîne pour son comportement colérique

Le manager général de WDBJ7, Jeff Marks, a confirmé que Flanagan avait travaillé pour la chaîne entre mars 2012 et février 2013. Il l’a qualifié « d’employé à problèmes », notamment à cause de son « tempérament colérique ». Il a été licencié « après plusieurs incidents » et escorté hors du bâtiment par la police. Selon Marks, les poursuites pour « discrimination raciale » avaient été classées sans suite.

4. Dans son manifeste, il fait référence aux tueries de Charleston et de Virginia Tech

Deux heures après les faits, Flanagan a envoyé par fax un long manifeste de 23 pages à la chaîne ABC, qui l’a aussitôt transmis aux autorités. Il a également appelé la chaîne pour revendiquer le meurtre des deux journalistes. Dans sa note, il affirme avoir agi en réaction à la tuerie de Charleston. « Pourquoi je l’ai fait ? J’ai déposé un acompte pour acheter une arme le 19 juin. La fusillade à l’église de Charleston a eu lieu le 17 juin… Cela m’a fait basculer. J’ai gravé les initiales des victimes sur mes balles. » Il s’adresse encore au tireur-présumé, le supprémaciste blanc Dylann Roof : « Tu veux une guerre des races ? Je t’attends, [censuré] de blanc. »

5. Il dit avoir été persécuté car il était « noir et gay »

Flanagan, élevé par une mère témoin de Jéhovah, dit encore avoir été « persécuté » toute sa vie, à l’école puis au travail car il « noir et gay ». Il a publié des photos de son enfance et de sa jeunesse sur Twitter.


Il répète que sa « colère » a enflé au fil des années. « Je suis un baril de poudre. La tuerie de l’église a été le point de non-retour. J’attendais de faire BOUM. »