Syrie, Irak, Libye: Quels sont les autres sites archéologiques menacés par Daesh?

DECRYPTAGE Après les nouvelles destructions dimanche dans la cité antique de Palmyre, les fanatiques du groupe terroriste islamiste pourraient s’attaquer à plusieurs autres trésors archéologiques...

B.D.
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La Grande Mosquée de Samarra, en Irak, le 23 juillet 2015.
La Grande Mosquée de Samarra, en Irak, le 23 juillet 2015. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Après les trésors du musée de Mossoul (Irak) en février et nombre d’autres sites archéologiques irakiens, les islamistes de Daesh se sont attaqués dimanche au temple de Baalshamin, l’un des plus célèbres temples de la cité antique de Palmyre en Syrie, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. De nombreux autres sites situés dans des territoires contrôlés par le groupe sont également menacés. Passage en revue non exhaustif.

En Syrie

Ce qu’il reste de Palmyre

Malgré les dernières destructions, le site archéologique de l’antique cité, classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1980 et placé sur la liste en péril en 2013, comprend encore d’autres vestiges, qui sont toujours en danger. C’est le cas notamment du grand temple Bel (photo), de la colonnade de 1.200 mètres, de l’agora, du camp de Dioclétien, ou encore de l’immense nécropole, comme l’expliquait au Monde Maamoun Abdulkarim, directeur général des antiquités et des musées de Syrie.

La vieille ville d’Alep

La ville date du Xe siècle avant Jésus-Christ, ce qui en fait l’une des plus vieilles villes du monde, et elle regorge de trésors archéologiques et culturels, qui s’y sont accumulés au fur et à mesure des différentes occupations qu’elle a subies -hittite, assyrienne, grecque, romaine, arabe, mongole, ottomane… Alep n’est pas encore tombée aux mains de l’Etat islamique, mais fait partie de la zone d’influence du groupe, qui la convoite. Elle est par ailleurs au cœur de violents combats depuis maintenant de longs mois, pilonnée par l’armée régulière, qui vise les positions des rebelles, et a été « sérieusement endommagée ».

En Irak

Samarra

La ville, fondée au IXe siècle, est située sur les berges du Tigre, à 130 km de Bagdad, au sein de la zone d’influence de l’EI, qui s’est emparé de la région en 2014. Le site historique s’étend sur 41,5 km du nord au sud pour une largeur qui varie entre 4 et 8 km. La ville a été le siège de la puissante capitale du califat abbasside, qui s’étendit pendant un siècle de la Tunisie à l’Asie centrale. La Grande Mosquée et son minaret en spirale, datant du IXe siècle, est l’un des nombreux monuments remarquables du site.

Assour

La ville, née au troisième millénaire avant J.-C, a été la première capitale de l’empire assyrien (du XIVe au IXe siècle avant Jésus-Christ). Carrefour commercial international, cette ville-État et capitale religieuse, qui comprend nombre de monuments, se trouve dans une zone contrôlée par l’EI et théâtre d’affrontements entre le groupe et les troupes irakiennes.

En Lybie

Il n’y a pas qu’en Irak et en Syrie, où est implanté le « califat » de Daesh, que des sites sont en danger. Comme l’expliquait le Guardian en mars, avec la montée du groupe islamiste en Libye notamment, les archéologues s’inquiètent pour l’avenir de sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Leptis Magna

Datant du Ier siècle avant JC, ce sont peut-être les ruines romaines les plus spectaculaires de la région. Le site possède aussi un musée qui, comme celui de Mossoul, abrite nombre de statues, cibles privilégiées des islamistes. Ce site est situé à environ 120 km à l’est de Tripoli, et à une centaine de kilomètres de Misrata, ville convoitée par les membres du groupe en Libye.

Les sites gréco-romains de Sabratha et Cyrene, Ghadames « la perle du désert » comme l’appelle l’Unesco, ou encore les peintures rupestres des montagnes d’Acacus, pourraient également être la cible du groupe islamiste.