VIDEO.Cinéma: «Mahomet», une superproduction qui veut redorer l'image de l'islam

SOCIETE Le long métrage, film iranien le plus cher jamais tourné, sort ce mercredi dans les salles du pays...

20 Minutes avec agences

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Des images du tournage de Mahomet en 2013, une superproduction qui sortira ce mercredi 26 août dans les salles iraniennes
Des images du tournage de Mahomet en 2013, une superproduction qui sortira ce mercredi 26 août dans les salles iraniennes — Mohammad Foghani/AP/SIPA

Réalisé par Majid Majidi, un grand cinéaste iranien, Mahomet, le film le plus cher de l’histoire du cinéma iranien sort ce mercredi 26 août en Iran. Pour le réalisateur, cette super-production sur l’enfance du prophète permet d’en finir avec « l’image violente » de l’islam.

Avec un budget d’environ 40 millions de dollars (34 millions d’euros), en partie financé par l’État, ce long-métrage a été tourné dans une cité de La Mecque reconstituée au sud de Téhéran. Outre sa sortie dans 143 salles en Iran, ce film de deux heures sera projeté jeudi en ouverture du festival du film de Montréal [qui s’ouvrira ce jeudi 27 août]. Le réalisateur espère qu’il y suscitera l’intérêt de distributeurs européens.

En finir avec l’image biaisée de l’islam

Pour Majid Majidi, ancien acteur de 56 ans qui a réalisé une bonne dizaine de films dont plusieurs primés à l’étranger (Le secret de Baran, Les enfants du ciel…), le choix du sujet était évident. Il s’explique : « Ces dernières années, une mauvaise lecture de l’islam dans le monde occidental en a donné une image violente qui n’a strictement aucune relation avec sa vraie nature. »

A ses yeux, cette « mauvaise lecture » vient « de groupes terroristes » comme « l’État islamique qui n’ont pas de lien avec l’islam dont ils ont volé le nom » et qui veulent en projeter « une image terrifiante dans le monde ». Le cinéaste s’est ainsi attaché à donner une autre vision de la religion : « En tant qu’artiste musulman (…) mon objectif était de créer une vision [de l’islam] qui change de celle qu’a l’Occident. « D’après lui, l’Islam se résume souvent à un « terrorisme islamique attaché à la violence. » Pourtant, le réalisateur y voit bien autre chose. D’après lui, « l’islam c’est la concertation, la bonté et la paix ». Il ajoute : « Dans ce film, nous avons rendu hommage à d’autres religions, y compris au christianisme et au judaïsme. » Il pense même que Mahomet pourrait convenir aux sunnites comme aux chiites. « Le film a été montré avant sa sortie à des leaders religieux chiites et sunnites en Iran et en Turquie qui l’ont jugé » positivement », affirme Majid Majidi.

La silhouette ainsi que le profil de Mahomet seront visibles

Interrogé sur la polémique et les violences que pourrait provoquer son long-métrage dans le monde musulman qui proscrit toute représentation du prophète, Majid Majidi se veut confiant. « Des pays comme l’Arabie saoudite auront des problèmes avec ce film mais beaucoup d’autres pays musulmans l’ont réclamé », affirme-t-il. Le film Mahomet ne dépeint pas le prophète lui-même mais le monde tyrannique qui l’entoure tel qu’il le voit à travers ses yeux d’enfant, de sa naissance à l’âge de 13 ans, insiste le cinéaste. Son visage n’apparaît jamais grâce à des jeux d’effets spéciaux. S’il reconnaît que les plus radicaux pourront dénoncer le film, Majid Majidi affirme qu’on ne pourra voir que « sa silhouette et son profil ». Majid Majidi souhaite que Mahomet soit le premier d’une trilogie invitant « tous les cinéastes musulmans » à suivre la voie, précisant qu'« on ne peut pas changer la mauvaise image de l’islam avec un seul film ».

Un précédent film sur le prophète Mahomet intitulé Le Message avait été réalisé en 1976 par le cinéaste américain d’origine syrienne Moustafa Akkad. Il comportait deux versions, anglaise et arabe, avec des acteurs différents, Anthony Quinn et Irène Papas étant les stars de celle en anglais. A l’époque, Le Message avait suscité la polémique et plusieurs salles où il était projeté avaient reçu des menaces de musulmans radicaux le jugeant blasphématoire.