Présidentielle américaine: Les cinq raisons pour lesquelles Joe Biden devrait se lancer (ou pas)

POLITIQUE Le vice-président américain a indiqué qu'il prendrait une décision d'ici à la fin de l'été, soit le 23 septembre...

Bérénice Dubuc

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Le vice-président américain Joe Biden dans le bureau ovale, à la Maison Blanche, le 13 septembre 2013.
Le vice-président américain Joe Biden dans le bureau ovale, à la Maison Blanche, le 13 septembre 2013. — AFP PHOTO/Brendan SMIALOWSKI

Ira ? Ira pas ? Cela fait plusieurs semaines que l’attention des médias américains est focalisée sur une question : le vice-président Joe Biden va-t-il se lancer dans la course à l’investiture par le parti démocrate pour l’élection présidentielle de 2016 ? Il a indiqué qu’il prendrait une décision d’ici la fin de l’été, soit le 23 septembre. 20 Minutes l’aide à établir la liste des pour et des contre.

Il devrait se lancer parce qu’Hillary Clinton est dans une mauvaise passe

Grande favorite chez les démocrates, l’ancienne secrétaire d’Etat traverse une période difficile : embourbée dans l’affaire de ses e-mails - qui pourraient receler d’embarrassantes révélations -, elle a vu l’écart entre elle et Donald Trump, le leader des candidats républicains, se réduire très nettement. Selon un sondage CNN/ORC, le magnat de l’immobilier n’est plus qu’à 6 petits points derrière elle (51 % contre 45 %), alors qu’en juillet, le rapport de force était de 56 %/40%, et en juin de 59 %/35%.

Il devrait se lancer parce qu’il est déjà dans le trio de tête démocrate, sans s’être déclaré

Bon, d’accord, il n’est qu’en troisième position, mais c’est déjà très bien pour un candidat non déclaré. De plus, comme l’expliquait Politico la semaine dernière, les sondages lui sont actuellement très favorables dans les « swing states », ces Etats qui ne sont pas acquis à l’un des deux grands partis et où tout peut basculer.

Selon un sondage de la Quinnipiac University publié jeudi, en Floride, en Ohio et en Pennsylvanie, « Joe Biden fait aussi bien voir mieux qu’Hillary Clinton contre tous les candidats républicains, y compris Donald Trump ». Et les électeurs démocrates des trois Etats accordent plus leur confiance au vice-président qu’à l’ancienne sénatrice de New York. Quand on sait qu’aucun président n’a jamais remporté l’élection sans deux des trois « swing state », ça fait réfléchir…

Il ne devrait pas se lancer car il est loin derrière dans les sondages

Même si la favorite, Hillary Clinton, ne recueille plus que 47 % de soutien (soit une chute de neuf points par rapport à juillet), elle reste en tête, et loin devant. Vient ensuite le sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders (29 % des intentions de vote), qui enregistre une hausse significative de 10 points par rapport à juillet. Joe Biden lui, est loin derrière, avec 14 % des intentions de vote.

>> En images : Les candidats démocrates à l’investiture

Il devrait se lancer car ce pourrait être sa dernière chance de le faire

Certes, après ses échecs aux primaires de 1998 et 2008, Joe Biden devrait être échaudé. Mais, ne dit-on pas « Jamais deux sans trois » ? En 2012, alors qu’il déposait son bulletin dans l’urne, un journaliste lui avait demandé si c’était la dernière fois qu’il votait pour lui, et il avait répondu : « Non, je ne pense pas ». D’autant plus qu’à 72 ans, la présidentielle de 2016 pourrait être sa dernière chance d’être élu.

Il devrait se lancer parce que Barack Obama pourrait le soutenir

Le président américain n’a pas l’intention pour le moment de prendre position sur les candidats en lice pour lui succéder. Mais, s’il a déjà évoqué à plusieurs reprises « le respect et l’admiration » qu’il a pour le travail effectué par Hillary Clinton à la tête de la diplomatie américaine, et indiqué en avril que « [son] amie » -face à qui il a tout de même connu une primaire plutôt brutale en 2008- ferait « une excellente présidente », il a toujours refusé de se prononcer sur la primaire pour ne pas gêner Joe Biden. La véritable « bromance » que les deux hommes entretiennent depuis maintenant deux campagnes électorales et deux mandats, et le fait qu’Obama a toujours parlé du choix de son vice-président comme de sa « meilleure décision en politique » pourrait faire pencher la balance.