Allemagne: Angela Merkel juge les violences anti-migrants « abjectes »

CRISE La chancelière a condamné lundi les violentes manifestations organisées par l’extrême droite allemande à l’encontre d’un centre d’accueil pour migrants…

20 Minutes avec AFP
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Dimanche 23 août, des militants d'extrême droit ont affronté la police pour protester contre l'accueil de migrants à Heindenau, en Allemagne.
Dimanche 23 août, des militants d'extrême droit ont affronté la police pour protester contre l'accueil de migrants à Heindenau, en Allemagne. — ARNO BURGI / DPA / AFP

La chancelière Angela Merkel a condamné lundi les « abjectes » violences xénophobes commises durant le week-end dans l’est de l’Allemagne, peu avant une rencontre avec le président français François Hollande autour de la crise des réfugiés.

« La manière dont des extrémistes de droite et des néonazis cherchent à diffuser leur message creux de haine est abjecte », a déclaré le porte-parole de Mme Merkel après des affrontements entre force de l’ordre et manifestants à Heidenau (Saxe, est) entre vendredi et dimanche.

Des « braillards ivres »

La chancelière ne tolère pas que les réfugiés soient accueillis en Allemagne par des « braillards ivres », a-t-il ajouté alors que la crise des réfugiés va être, lundi soir, au centre de la rencontre entre Mme Merkel et M. Hollande, qui devraient accorder leurs exigences à l’égard des autres Européens afin de répondre à la pire crise migratoire depuis 1945.

Alors qu’au moins 2.000 migrants supplémentaires sont parvenus dans la nuit de dimanche à lundi en Serbie, cet afflux vient donc voler la vedette au conflit en Ukraine annoncé comme la raison première de la rencontre des deux dirigeants avec le président ukrainien Petro Porochenko.

Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont réclamé une « unifiée » de l’Europe. Pourtant, « aucun nouveau papier » ne devrait sortir lundi de la rencontre, selon Paris.

Décryptage : Les chiffres-clés pour comprendre la crise des migrants

La crise des réfugiés est « en haut de l’agenda européen », a assuré dimanche à Prague le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, estimant qu’outre la rencontre Hollande-Merkel, il faut prévoir dans les jours qui viennent une « réunion des ministres de l’Intérieur ou des Affaires étrangères ».

Sauvetages et morts en Méditerranée 

En dehors des Balkans, les garde-côtes italiens ont coordonné le sauvetage de 4.400 migrants en Méditerranée pour la seule journée de samedi, tandis que les autorités grecques se montrent complètement débordées par l’afflux de réfugiés syriens sur l’île touristique de Kos.

Deux migrants sont morts et environ cinq étaient portés disparus lundi après le chavirage de leur embarcation de fortune au large de l’île de Lesbos, en mer Egée, selon la police portuaire grecque. En Allemagne, un nombre record de 800.000 demandes d’asile est attendu pour cette année, si bien que le pays peine à assurer l’accueil de tous. Parallèlement des actes de violence, généralement imputés à l’extrême droite, sont de plus en plus fréquents.

Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel pour qui cette arrivée sans précédent de migrants constitue « le plus grand défi de l’Allemagne depuis la Réunification » du pays, s’est rendu lundi à Heidenau. « Il ne faut pas laisser un millimètre à la populace d’extrême droite, ces gens n’ont rien à voir avec l’Allemagne », a-t-il déclaré sur place.