VIDEO. Beyrouth: Une nouvelle manifestation reportée après les violences du week-end

LIBAN Le mouvement Vous puez, à l'origine de la mobilisation, réclame la démission du gouvernement...

20 Minutes avec agences

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Des violences ont éclaté entre les manifestants et les forced de l'ordre suite au rassemblement des citoyens qui dénonçaient, ce dimanche 23 août, l'inertie du gouvernement face à la crise des ordures ménagères
Des violences ont éclaté entre les manifestants et les forced de l'ordre suite au rassemblement des citoyens qui dénonçaient, ce dimanche 23 août, l'inertie du gouvernement face à la crise des ordures ménagères — Bilal Hussein/AP/SIPA

Une nouvelle manifestation prévue ce lundi contre le gouvernement libanais sur fond de crise des ordures a été reportée par les organisateurs après les violents heurts ayant éclaté dimanche soir dans le centre de Beyrouth.

« Le mouvement ne s'est pas arrêté et ne s'arrêtera pas »

Cette décision, publié sur Facebook, a été prise par les organisateurs de la campagne « Vous puez » après deux jours de manifestations déclenchées par une crise des déchets qui a dégénéré en ras-le-bol général face à l'incapacité chronique de l'Etat et les problèmes qui gangrènent le pays depuis des décennies. Pour autant, les membres du collectif affirment « le mouvement ne s'est pas arrêté et ne s'arrêtera pas ».

« Nous ne battons pas en retraite. Nous avons besoin de réévaluer nos demandes. Nous ne renoncerons pas à nos droits » ont-ils ajouté. Une conférence de presse des organisateurs est prévue dans l'après-midi. Pour rappel, les manifestants réclament non seulement une solution pour venir à bout du problème des ordures (1) mais également la fin de la corruption, des pénuries d'électricité et d'eau et du blocage politique dans un pays sans président de la République depuis plus d'un an.

59 personnes hospitalisées, 343 blessés légers

Les rassemblements ont réuni des milliers d'hommes, femmes et enfants samedi et dimanche dans le centre de Beyrouth, avant que de violents affrontements opposent un groupe de 200 jeunes aux forces de l'ordre, faisant des dizaines de blessés. Des heurts dont les organisateurs se sont désolidarisés, insistant sur le caractère pacifique de la protestation.

 

 

D'après la Croix Rouge libanaise, 59 personnes ont été hospitalisées dimanche soir, et 343 autres ont été traitées sur place pour blessures légères. A noter que 30 membres des forces de l’ordre ont également été blessés, dont un grièvement rapporte une source de sécurité

Une crise qui fragilise le pays tout entier

De son côté, le Premier ministre Tammam Salam avait, ce dimanche, dit comprendre les frustrations des manifestants, tout en laissant entendre que son gouvernement, formé il y a 18 mois, pouvait cesser de fonctionner s'il n'arrivait pas à résoudre la crise. Celui-ci qui avait déjà brandi la menace de sa démission il y a deux semaines, a réaffirmé que cette option était encore sur la table.

Pour la première fois depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), le Liban est sans chef de l’Etat depuis plus d’un an. Le Parlement est paralysé par les divisions, elles-mêmes exacerbées par les dissensions sur la guerre en Syrie. A l’échelle nationale, le pays est écartelé entre la coalition menée par le puissant Hezbollah chiite et soutenue par Damas et Téhéran, et celle dirigée par l’ex-Premier ministre sunnite Saad Hariri, appuyée par les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.

 

(1) Les manifestations avaient commencé en raison de l'incapacité du gouvernement à enlever les ordures des rues après la fermeture de la principale décharge le 17 juillet. Les montagnes de déchets avaient été finalement collectées dans la capitale avant d'être jetées dans des endroits illégaux, provoquant la colère des habitants.