Brown, un austère qui piaffait d'impatience

©2007 20 minutes

— 

Les meilleurs ennemis du monde. Tony Blair et Gordon Brown vivent depuis plus de vingt ans côte à côte. Première phase de leur équipée politique commune : leur rencontre en 1983 dans un bureau sans fenêtres de Westminster. Les deux hommes viennent d'être élus députés. Tony Blair a alors 30 ans, Gordon Brown 32. L'un a une soif de réussite irrésistible, l'autre une intelligence politique rare.

Blair fait de Brown son mentor et s'embarque avec lui dans la conquête du Parti travailliste, qu'ils transformeront en un « New Labour » décomplexé sur la richesse et les inégalités. « Il est faux de dire que je n'aime pas les riches. Je veux juste que tout le monde soit plus riche », explique Brown. Lorsque vient le moment de prendre la tête du parti, Brown se fait devancer par son benjamin, qui accède au pouvoir en 1997. Forcément, la deuxième phase de leurs relations est moins heureuse. Dix ans durant, Brown tient les finances d'une Grande-Bretagne érigée en un modèle de réussite économique. Mais il piaffe d'impatience à l'idée d'accéder au poste de Premier ministre.

Austère, sérieux, un brin condescendant, Brown, 56 ans, semble avoir beaucoup moins de cartes en main que Blair pour l'exercice du pouvoir. Pourtant après dix années de blairisme, les Britanniques ne seraient finalement pas mécontents de goûter à son rigorisme écossais. Dans un sondage publié dimanche, 40 % d'entre eux jugent que Brown est le « Premier ministre le plus capable », contre 22 % pour David Cameron, le fringant leader des tories (conservateurs).