Une belote plutôt qu'une boulette

©2007 20 minutes

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Au début de l'invasion américaine en Irak, en 2003, le Pentagone avait distribué à ses soldats des jeux de cartes à l'effigie des cinquante-deux hommes les plus recherchés du régime de Saddam Hussein. Le but ? Mémoriser leurs visages pour ne pas les rater le jour où ils tomberaient sur eux. Le procédé s'est apparemment avéré efficace, puisque quarante d'entre eux ont été capturés ou tués.

Quatre ans plus tard, l'armée américaine remet ça, mais cette fois, avec les photos de sites archéologiques d'Irak et d'Afghanistan. L'objectif est double : éviter que les Américains ne les détruisent sur leur passage, et qu'ils n'emportent des antiquités en rentrant chez eux. En 2003, les marines avaient fait scandale en construisant une aire d'atterrissage d'hélicoptères sur les ruines de Babylone. En familiarisant les soldats avec les ruines historiques, Laurie Rush, archéologue à la base de Fort Drum, aux Etats-Unis, espère que les soldats seront plus vigilants à l'avenir quand ils devront bivouaquer. En outre, le Pentagone est persuadé que « la protection du patrimoine culturel est vitale pour le succès de [leur] mission », puisqu'elle devrait permettre de « gagner les coeurs et les esprits ».

En tout, 40 000 jeux de cartes, soit environ un pour quatre soldats, vont être distribués en Irak et en Afghanistan à partir du 31 juillet. Pour enfoncer le clou, chaque photo du jeu est assortie d'un message. « Ce site a survécu à dix-sept siècles. Vous survivra-t-il ? », lit-on sur le 7 de trèfle. « Contournez les sites archéologiques au lieu de rouler dessus », suggère le 5. « Nous ne sommes pas naïfs, reconnaît Laurie Rush. Les dégâts sur les sites archéologiques sont énormes dans le conflit irakien. » Mais « évidemment, précise-

t-elle, la sécurité des GI prime » en cas d'attaque.

échec La nouvelle politique de Bush en Irak, qui concentre les efforts sur la sécurisation de Bagdad, ne fonctionne pas, a affirmé lundi Richard Lugar, sénateur républicain très influent aux Etats-Unis. Il a appelé à une stratégie de remplacement.