Londres tourne la page Tony Blair

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Voilà, c'est fini. Après dix années passées au pouvoir, Tony Blair passe la main. La fin d'une époque pour la Grande-Bretagne ? « Incontestablement, oui, ne serait-ce que pour sa longévité politique mais aussi sa grande modernité », reconnaît Jean-Marc Four, auteur de Tony Blair, l'iconoclaste. Un modèle à suivre ?*

Le 2 mai 1997, lorsqu'il débarque au 10, Downing Street, Blair a 43 ans. C'est le plus jeune Premier ministre britannique depuis 1812. Et surtout le premier travailliste à accéder au pouvoir après dix-huit années d'opposition. Charisme, aisance, sens de l'humour, il incarne le Royaume-Uni de l'avenir, celui du dynamisme économique et de la modernité. Quand Blair décide de recevoir les groupes de rock Blur et Oasis, la presse se pâme. Voici venu le temps de « Cool Britannia ». Cette image séduisante, Blair l'utilise à tous crins. Au point, par exemple, de remporter l'organisation des JO de 2012 à la barbe de Paris, dont le dossier était pourtant bien plus solide. Mais le sourire Ultrabrite et le regard de faon de « Bambi » - son surnom dans la presse à ses débuts - ont fini par lasser. Principale cause de cette désaffection : l'envoi des troupes britanniques en Irak, en mars 2003. L'usure, la très courte victoire de 2005 et l'insistance de Gordon Brown, son chancelier de l'Echiquier et dauphin désigné, auront finalement raison de sa carrière de Premier ministre. Blair convoite désormais d'autres fonctions. Les rumeurs lui prêtent un poste d'émissaire du Quartette au Proche-Orient. Une fonction à la mesure de ses ambitions.

religion Tony Blair, bientôt catholique ? C'est ce qu'il aurait laissé entendre au Times ce week-end, avant une audience avec le pape Benoît XVI. Chrétien fervent, Blair envisagerait depuis longtemps une conversion au catholicisme, la religion de son épouse, Cherie, et de leurs quatre enfants. Un pas jamais franchi pendant ses trois mandats, même si l'homme politique a été très influencé par sa pratique religieuse, notamment en matière de politique étrangère, où ses discours étaient empreints d'un certain messianisme.