Attentat de Bangkok: Où en est l’enquête après l’identification de trois suspects?

DECRYPTAGE La police thaïlandaise a diffusé, ce mercredi, le portrait-robot du poseur de bombe présumé…

Vincent Vantighem

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Bangkok: les experts sur le site de l'attentat, 20 morts
Bangkok: les experts sur le site de l'attentat, 20 morts — Taimoor Sobhan, Reuben Easey AFPTV

La poussière est retombée mais les policiers qui enquêtent sur l’attentat qui a causé la mort de 20 personnes, lundi dans un temple de Bangkok (Thaïlande), sont toujours dans le flou. S’ils sont parvenus à identifier trois suspects, les enquêteurs n’ont pour l’instant aucune certitude sur les raisons pour lesquelles cet attentat a été perpétré. 20 Minutes fait le point sur l’enquête en cours…

  • Que sait-on du poseur de bombe présumé ?

Chevelure brune et très fournie, lunettes à monture noire : la police de Bangkok a diffusé, ce mercredi, un mandat d’arrêt contre un homme qui serait, selon elle, « étranger ». Il est recherché pour « assassinat », « association de malfaiteurs » et « participation à la confection d’une bombe ».

Sur les images des caméras de vidéosurveillance, lundi soir, on l’aperçoit transportant un sac à dos, qu’il glisse calmement sous un banc au pied de la grille du sanctuaire Erawan dans le quartier commerçant de Chidlom avant de quitter les lieux. Trois minutes plus tard, c’est à cet endroit précis que la bombe a explosé. D'après la police, il parlait une autre langue étrangère que l'anglais.

  • Qui sont les deux autres suspects ?

Pour les enquêteurs, le poseur de bombe présumé fait partie d’un « réseau ». « Il n’a pas pu simplement acheter une bombe sur un marché, puis la poser », pense ainsi Somyot Poompanmoung, le chef de la police. Selon l’agence de presse Reuters, deux autres suspects auraient également été identifiés par les enquêteurs. Si la police n’a pas diffusé de portrait-robot d’eux, on sait qu’ils étaient vêtus de rouge et de blanc.

  • Que nous apprend l’analyse de la bombe ?

Pas grand-chose pour le moment. Selon la police, elle était petite mais puissante et sophistiquée. Elle contenait trois kilos d’explosifs enfermés dans un récipient hermétique. Selon plusieurs médias locaux, elle contenait également des roulements à billes destinés à engendrer des blessures plus importantes lors de l’impact. Les enquêteurs pensent qu’elle a été déclenchée à distance, soit à l’aide d’une minuterie, soit d’un téléphone portable.

  • Y a-t-il un lien avec la seconde explosion qui a retenti mardi ?

A priori non. Une seconde explosion a secoué la station de métro Saphan Taksin, mardi. Elle n’a fait aucun blessé. Les enquêteurs estiment qu’il pourrait s’agir d’une « imitation » du premier attentat.

Une seconde explosion touche Bangkok sans faire de blessé

Une source au sein des services du renseignement a confié que la seconde attaque semblait différente car plutôt « destinée à semer le trouble » qu’à faire des victimes.

  • A-t-on des pistes quant aux auteurs probables de l’attaque ?

Inédite en Thaïlande, l’explosion de lundi a laissé les policiers dans un profond trouble. D’après les analystes, il semble difficile de croire que les opposants à la junte militaire au pouvoir en soient les auteurs en raison de l’ampleur de l’explosion et du lieu de l’attaque, très respecté en Thaïlande. La police a rapidement affirmé que le mode opératoire ne ressemblait pas aux attentats fréquemment perpétrés dans le sud du pays par des insurgés musulmans.

Analyse : Qui pourrait se cacher derrière l’attentat de Bangkok ?

Reste l’hypothèse Daesh. Les militants djihadistes ont souvent fait part de leur volonté de frapper hors de leurs bases. « Ils ont fait un vrai travail de recrutement auprès des Malaisiens et des Indonésiens, cela est donc possible », explique ainsi Zachary Abuza, expert indépendant du terrorisme du sud-est asiatique. Mais ces réseaux revendiquent en principe leurs attaques rapidement après.