«Air cocaïne»: Les proches sous le choc dénoncent une «parodie de justice»

REACTIONS Les familles sont plongées dans l’incompréhension après la condamnation de quatre Français...

L.B. avec AFP

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Bruno Odos et Pascal Fauret, en République dominicaine le 17 juin 2014.
Bruno Odos et Pascal Fauret, en République dominicaine le 17 juin 2014. — Ezequiel Abiu Lopez/AP/SIPA

Le verdict a laissé les proches sous le choc. Si le quai d’Orsay tente de rassurer, précisant « continuer à assurer une protection consulaire active », les familles sont plongées dans l’incompréhension. Quatre Français, dont deux pilotes, ont été condamnés à vingt ans de prison pour trafic de drogue ans l’affaire dite « Air cocaïne ».

>> «Air Cocaïne » : Une affaire où se croisent des pilotes, un jet-setter, Sarkozy et Afflelou

L’épouse de Pascal Fauret s’est confiée dans la matinée auprès d’Europe 1. « C’est une parodie de justice, les dés étaient joués dès le départ. Ce n’était pas la peine de faire un procès d’une longueur aussi importante », a-t-elle déploré. Elle a par ailleurs continué de clamer l’innocence des quatre Français, assurant qu’ils n’étaient pas responsables du contenu des valises. L’affaire remonte à la nuit du 19 au 20 mars 2013. La police dominicaine, renseignée notamment par les Etats-Unis, a intercepté sur le tarmac de l’aéroport de Punta Cana (est) un Falcon 50 avec 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord.

« Un coup de massue »

De son côté, la sœur de Bruno Odos, l’un des deux pilotes condamnés, s’est dite « en colère, accablée et révulsée ». « On n’a pas bien dormi, on attendait un verdict positif, pour nous c’était évident, ça a été le coup de massue. Je suis en colère, accablée, révulsée, tous les mots que je peux employer sont faibles », a déclaré Christine Odos, la sœur de Bruno Odos. Selon cette femme de 54 ans qui vit près de Grenoble, près de l’épouse de son frère, « ce n’est pas normal ». « On ne comprend pas cette décision », a-t-elle martelé. Les deux pilotes ont toujours clamé leur innocence, affirmant ne pas connaître le contenu de la marchandise qu’ils transportaient dans leur avion.

Alors que le quai d’Orsay a assuré que la condamnation « n’est pas définitive », Christine Odos a dit ne pas « être au courant des actions diplomatiques ». « Je n’ai pas le sentiment que les politiques français soient intervenus dans cette affaire. C’est là qu’on va voir la réelle implication de nos responsables », a jaugé la sœur du pilote.

« Profondément choqués »

Quant au père de Nicolas Pisapia, également condamné vendredi à 20 ans de prison pour trafic de drogue, s'est dit samedi «profondément choqué» par le verdict, ajoutant qu'il n'y a «aucun élément» qui prouve la culpabilité de son fils. De leur côté, les membres du comité de soutien à Nicolas Pisapia, étaient «effondrés» après ce «procès inique», a indiqué à l'AFP le président du comité, Philippe Malburet.

«Nous sommes profondément choqués par ce verdict parce que dans le dossier d'accusation il n'y a absolument aucun élément contre notre fils», a déclaré par téléphone à l'AFP Claude Pisapia, depuis Velaux (Bouches-du-Rhône), où il habite. «Les valises qui ont soi-disant été chargées dans l'avion ne lui appartenaient pas, ne lui ont jamais appartenu, et n'ont jamais été enregistrées au nom de quelqu'un, ni de notre fils ni d'une autre personne», a-t-il ajouté.

Pour Claude Pisapia, «il n'y a jamais eu la moindre preuve que ces valises aient été présentes dans l'avion au moment où il y a eu ce simulacre d'arrestation, parce que c'est un simulacre d'arrestation, c'est un coup monté». «Nous sommes tous effondrés parce que jamais on n'a pu imaginer qu'un dossier absolument vide, construit sur des allégations (...) puisse en arriver là», a déclaré de son côté Philippe Malburet, également par téléphone depuis Velaux, où il habite.

«On va bien entendu prendre la mesure de tout ce qu'il va nous falloir faire et, en particulier, on va demander à ce que des élus nous relaient auprès du ministre des Affaires étrangères car on ne peut pas accepter un procès inique comme celui-ci (...) On va se battre pour essayer d'obtenir que le ministre s'implique», a-t-il ajouté.

Une implication plus forte de la diplomatie française demandée

De même, le sénateur représentant les Français établis hors de France Olivier Cadic demande « une implication plus forte de la diplomatie française » pour faire respecter les droits des ressortissants français. Il souhaite « une implication plus forte de la diplomatie française afin que les droits de nos compatriotes soient beaucoup plus scrupuleusement respectés, à l’image de ce qui est constaté pour les ressortissants américains, russes ou chinois… »