«Air cocaïne»: Quatre Français condamnés à 20 ans de prison

JUSTICE Dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, quand la police dominicaine a intercepté à l'aéroport de Punta Cana (est) un Falcon 50 avec 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord...

20 Minutes avec AFP

— 

Saint-Domingue (République dominicaine), le 05 juin 2015. Bruno Odos (gauche) et Pascal Fauret comparaissent au tribunal dans l'affaire dite «Air Cocaïne».
Saint-Domingue (République dominicaine), le 05 juin 2015. Bruno Odos (gauche) et Pascal Fauret comparaissent au tribunal dans l'affaire dite «Air Cocaïne». — ERIKA SANTELICES / AFP

La peine est lourde. Quatre Français ont été condamnés vendredi à vingt ans de prison en République dominicaine pour trafic de drogue, les plus lourdes sanctions dans un procès qui impliquait 14 personnes au total. Les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, le passager Nicolas Pisapia et l'apporteur d'affaires Alain Castany ont été reconnus «coupables du crime d'association en vue de (...) posséder des drogues illicites», a lu la secrétaire du tribunal à l'issue des délibérations qui ont duré 10 heures.

>> «Air Cocaïne»: Une affaire où se croisent des pilotes, un jet-setteur, Sarkozy et Afflelou

L'affaire remonte à la nuit du 19 au 20 mars 2013, quand la police dominicaine, renseignée notamment par les Etats-Unis, a intercepté sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana (est) un Falcon 50 avec 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord. Sur les dix Dominicains poursuivis pour complicité, six ont été acquittés, quatre autres écopant de peines allant de cinq à dix ans de prison.

L'avocate des pilotes, Me Maria Elena Gratereaux, a annoncé qu'elle ferait appel, de même que Nicolas Pisapia. Alain Castany a lui quitté la salle immédiatement après la lecture de la décision.

Quinze mois de détention provisoire

Les quatre Français, qui comparaissaient libres après quinze mois de détention provisoire dans un quartier de haute sécurité, le resteront jusqu'à ce que la sentence soit définitive, mais ne pourront pas quitter la République dominicaine. Dans leurs plaidoiries, les avocats des quatre hommes avaient tous demandé leur acquittement, alléguant que rien ne prouvait qu'ils savaient que de la drogue se trouvait à bord de l'avion.

Mais vendredi, le procureur Milciades Guzman a une nouvelle fois affirmé le contraire, assurant que les valises contenant la drogue étaient «arrivées par un trou percé dans le grillage (ceignant le tarmac) jusqu'à l'avion, en présence des pilotes». Invités à s'exprimer une dernière fois devant leurs juges, les quatre Français avaient chacun pris la parole.

«Je suis innocent de tout ce dont on m'accuse»

«Je veux simplement répéter une fois de plus que je suis innocent», a déclaré en espagnol Nicolas Pisapia, 40 ans, accusé par le procureur d'être le cerveau de l'opération. «Après deux ans, je n'ai entendu que des mensonges dans la bouche du ministère public», s'est défendu Alain Castany, un apporteur d'affaires de 69 ans travaillant avec la compagnie ayant affrété l'appareil.

M. Odos, 55 ans, a lui affirmé vivre depuis 2013 un cauchemar, avant de répéter : «Je suis innocent de tout ce dont on m'accuse».

Enfin, M. Fauret, 56 ans et père de quatre enfants, a évoqué «une triple catastrophe», professionnelle, économique et familiale. Le procureur avait requis 20 ans de prison à l'encontre des quatre Français et d'un agent de la police antidrogue dominicaine, demandant des peines plus légères pour trois autres accusés et l'acquittement des six derniers.