Armes chimiques: Daesh en possession de gaz moutarde?

TERRORISME L'ONU a ouvert une enquête au début du mois d'août...

L.C. avec AFP
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Un homme irakien inspecte les corps de Yézidis, une minorité visée par les combattants de Daesh, après les forces kurdes aient découvert une fosse commune, le 3 février 2015 à Siruni, dans la région de Sinjar.
Un homme irakien inspecte les corps de Yézidis, une minorité visée par les combattants de Daesh, après les forces kurdes aient découvert une fosse commune, le 3 février 2015 à Siruni, dans la région de Sinjar. — SAFIN HAMED / AFP

Des combattants kurdes engagés contre le groupe Etat islamique ont assuré avoir été la cible d’armes chimiques, allégations relayées jeudi par l’armée allemande qui renforcent les soupçons d’un recours par les djihadistes à ces munitions interdites. Les Etats-Unis jugent de leur côté « plausible » que le groupe extrémiste sunnite Daesh ait utilisé cette semaine le gaz moutarde contre des combattants kurdes irakiens, a indiqué jeudi un responsable américain à l’AFP.

Gaz moutarde ou chlore

Ce responsable américain, qui confirmait une information du Wall Street Journal, n’a pas donné plus de détails sur les circonstances et la date de l’attaque. Selon le quotidien américain, les djihadistes se sont procurés le gaz moutarde en Syrie, lorsque le régime de Bachar al-Assad s’est débarrassé, sous la pression de la communauté internationale, de ses stocks d’armes chimiques, ou bien en Irak.

Le ministère allemand de la Défense a déclaré jeudi « avoir des indications selon lesquelles il y a eu une attaque à l’arme chimique » contre des peshmergas, les combattants kurdes irakiens. Une douzaine d’entre eux ont été « blessés avec des irritations des voies respiratoires », a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère allemand de la Défense à Berlin.

Selon le ministère allemand, « des spécialistes américains et irakiens sont en route pour déterminer ce qui s’est réellement passé ». L’armée allemande n’était pas sur les lieux de l’incident et le ministère ne dispose dès lors pas d’informations en propre.

Enquête de l’ONU

Si l’armée allemande s’est gardée d’accuser les djihadistes d’avoir été à l’origine de l’attaque, les accusations de recours aux armes chimiques par Daesh se sont multipliées ces derniers mois en Irak comme en Syrie même si, jusqu’à présent, elles semblent sporadiques et aucun décès n’a été signalé.

Ainsi, les Unités de protection du peuple kurde (YPG, principale force kurde syrienne), l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) et des experts ont signalé en juillet des attaques à l’arme chimique dans la province d’Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, contre des combattants kurdes. Ces combattants ont aussi dit avoir saisi des masques à gaz appartenant à Daesh, estimant dès lors que les djihadistes préparent d’autres attaques chimiques.

L’ONG Human Rights Watch a accusé en mars dernier le régime syrien de Bachar al-Assad d’avoir largué des barils remplis de gaz de chlore sur des civils dans des secteurs rebelles, une accusation rejetée par Damas. Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé à l’unanimité le 7 août 2015 de former un groupe d’experts pour identifier « les individus, entités, groupes et gouvernements » responsables de récentes attaques.