Hôtel attaqué au Mali: L'enquête s'oriente vers un groupe allié à Ansar Dine

TERRORISME La prise d'otages a fait treize morts, dont cinq employés de l'ONU...

20 Minutes avec AFP

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L'hôtel Byblos à Sévaré, au Mali, après l'attaque terroriste du 8 août.
L'hôtel Byblos à Sévaré, au Mali, après l'attaque terroriste du 8 août. — AFP Photo / Stringer

En l’absence de revendication de la prise d’otages de Sévaré, au Mali, qui a fait treize morts dont cinq employés de l’ONU, les soupçons des enquêteurs maliens se portaient lundi sur le Front de libération du Macina (FLM), un groupe récent allié aux djihadistes d’Ansar Dine. Les enquêteurs maliens ont retrouvé « des numéros de téléphone et des adresses » sur les corps de « terroristes » tués lors de l’assaut des forces maliennes le 7 août à l’hôtel Byblos de Sévaré (centre), a affirmé à l’AFP une source proche de l’enquête.

« Ces données vont aider les enquêteurs à avancer plus vite », a affirmé cette source jointe à Sévaré depuis Bamako, la capitale. « La thèse du mouvement de libération de Macina (l’appellation traditionnelle d’une partie du centre du Mali) se précise. Une carte d’identité trouvée sur un d’entre eux mentionne [le nom de] Tamboura qui serait né à Téninkou, un village dans la zone du Macina », a-t-elle indiqué, sans donner plus de détails.

Des détails sur l’attaque

Apparu début 2015, le FLM, qui recrute essentiellement dans la communauté peule, est un mouvement allié à Ansar Dine, un des groupes djihadistes liés à Al-Qaida ayant contrôlé le nord du pays en 2012. Sévaré se situe à la lisière de ces régions du nord d’où les djihadistes ont été chassés par une intervention militaire internationale déclenchée en janvier 2013 à l’initiative de la France.

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Quatre jours après la tentative de prise d’otages, le voile commence à se lever sur le mode d’action des assaillants (dont le nombre n’a pas été précisé) et l’intervention des forces maliennes. L’attaque a commencé « vers 5 h », selon le gouvernement, avec « l’irruption des terroristes » dans l’hôtel où se trouvait une équipe technique de la Minusma (Mission de l’ONU au Mali).

Vingt-quatre heures de siège

« Les militaires sont venus rapidement encercler le bâtiment et ont délimité un périmètre de sécurité. Dans l’après-midi, ils ont lancé une première tentative de libération des otages », affirme la même source proche de l’enquête. « Les assaillants ont vigoureusement riposté, tuant deux soldats et en blessant deux autres. Entre-temps, un terroriste a tenté d’actionner sa charge d’explosif mais il a été abattu par des militaires. En début de nuit, l’unité d’élite transportée par la Minusma est arrivée de Bamako. Au petit matin du samedi, vers 4 h, l’assaut final est donné pour libérer le reste des otages. »

A l’issue des 24 heures de siège, cinq employés de la Minusma, quatre soldats maliens et quatre assaillants ont été tués, selon un bilan définitif du gouvernement malien qui a précisé que la force française Barkhane et la Minusma avaient contribué au transport des soldats à Sévaré.