Venezuela: Face à la pénurie, des patients prennent des médicaments pour animaux

SANTE Environ 70% des médicaments sont touchés par des pénuries dans ce pays...

A.-L.B. avec AFP

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Illustration de médicaments.
Illustration de médicaments. — ISOPIX/SIPA

Au Venezuela, face à la pénurie de médicaments, des patients sont obligés de recourir à des médicaments pour animaux. « C’est humiliant », confie Kevin Blanco, qui doit prendre des médicaments à vie après une transplantation rénale.

Selon des organismes privés, les pénuries touchent 70% de médicaments de la nomenclature dans ce pays assis sur une réserve gigantesque de pétrole. Mais le Venezuela manque autant de fournitures médicales que de farine, de shampooing ou de pièces détachées automobile, en raison d’un manque de devises pour financer ses importations.

« Même molécule »

La prédnisone et le cellcept - deux immunodépresseurs évitant le rejet d’organes greffés - ont disparu des pharmacies pendant un mois, en juillet, selon des patients interrogés par l’AFP.

Le médecin de Kevin Blanco lui a dit que s’il consommait ces pilules, ce serait « à ses risques et périls ». Mais il ne peut faire autrement. Tout comme Natacha Albarran, à qui l’on a greffé un rein il y a 12 ans, et qui a eu recours à ces pilules durant 23 jours.

Le gouvernement nie la pénurie

« Le docteur nous a envoyé là où ils vendent des médicaments vétérinaires, il a dit que c’était la même molécule mais qu’ils contenaient (seulement) plus de glucose », raconte Natacha Albarran, commerçante de 44 ans.

Le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro, confronté à une grave crise économique et qui ne publie plus les chiffres des pénuries depuis début 2014, nie le manque de prédnisone. Il assure qu’un lot de 1,2 million de tablettes est arrivé de Cuba en juillet. Il ajoute par ailleurs avoir entamé les démarches pour importer d’autres médicaments pour les patients porteurs de greffons.