Le HCR critique la gestion des migrants par la Grèce, Alexis Tsipras en appelle à l’Europe

MONDE Le HCR a qualifié de la situation des réfugiés en Grèce « absolument honteuse »…

A.Ch. avec AFP

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Des migrants syriens attendent d'être enregistrés sur le port de Mytilène, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 18 juin 2015
Des migrants syriens attendent d'être enregistrés sur le port de Mytilène, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 18 juin 2015 — LOUISA GOULIAMAKI AFP

Quand le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) accuse la Grèce, Alexis Tsipras monte au créneau. Ce vendredi, un haut responsable du HCR en visite en Grèce a déclaré que la situation des migrants et des réfugiés, qui débarquent massivement sur les îles grecques en provenance de Turquie, était « absolument honteuse ».

« Ce problème nous dépasse »

« En trente ans d’expérience humanitaire, je n’ai jamais vu une situation pareille. C’est l’Union européenne et c’est absolument honteux », a déclaré Vincent Cochetel, responsable de la division Europe du HCR. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras n’a pas tardé à lui répondre : affirmant que l'accueil des flux croissants de migrants et réfugiés qui entrent en Europe via la Grèce «dépassait» les capacités de son pays, il s’est toutefois engagé à améliorer les procédures et les structures de réception.

«Ce problème nous dépasse. La Grèce est un pays qui subit une crise économique et fait face à une crise humanitaire dans la crise», a déclaré Alexis Tsipras, qui a promis des mesures pour «améliorer les infrastructures d'accueil (...), les procédures d'identification» et la «coordination» des actions, et en a appelé à l'Union européenne pour aider son pays.

Une hausse de 750% du nombre de migrants

Le HCR estime que quelque 124.000 réfugiés et migrants sont arrivés de Turquie dans les îles grecques depuis janvier. Soit une hausse de 750% par rapport à la même période en 2014. « La Grèce doit se réveiller face à cette urgence », a déclaré Vincent Cochetel, déplorant que l’aide européenne soit « trop faible et trop tardive ». Le HCR demande au gouvernement grec de «désigner d'urgence une seule autorité pour coordonner la réponse et mettre en place un mécanisme d'assistance humanitaire» et il salue «la réponse généreuse de la société civile grecque dans un contexte (économique) difficile».

Vincent Cochetel a rappelé qu'il y a en Grèce de nombreuses casernes inoccupées, des terres non cultivées et des organisations humanitaires prêtes à aider. «Il ne faut pas laisser d'autres Calais se développer», a-t-il dit. «Le temps est venu d'une action audacieuse et de penser en dehors des schémas habituels». Il a estimé que les défaillances de l'accueil de ces réfugiés en Grèce ont un impact ensuite sur les autres pays européens qui constituent leur destination finale.