Migrants : Cinq passeurs présumés détenus à Palerme après le naufrage au large de la Libye

MONDE La police italienne détient deux Algériens et trois Libyens…

A.Ch. avec AFP

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Un homme suspecté d'être un passeur quitte un bateau d ela marine irlandaise à Palerme en Italie, le 6 août 2015
Un homme suspecté d'être un passeur quitte un bateau d ela marine irlandaise à Palerme en Italie, le 6 août 2015 — Marcello Paternostro AFP

La police italienne a annoncé vendredi avoir arrêté à Palerme cinq des survivants du naufrage ayant fait plus de 200 morts mercredi, deux Algériens, deux Libyens et un Tunisien âgés de 21 à 24 ans, soupçonnés d'avoir été des passeurs. Selon des témoignages recueillis auprès des quelque 360 autres survivants arrivés jeudi à Palerme, en Sicile, l'un était le capitaine du bateau disparu tandis que d'autres étaient chargés d'empêcher les passagers de bouger, y compris par la violence. Ils auraient fait usage de couteaux et de bâtons pendant le voyage pour empêcher les passagers de la soute, essentiellement d'origine africaine, de gagner le pont. Les cinq passeurs présumés risquent des poursuites pour homicides avec circonstances aggravantes et aide à l'immigration clandestine. 

Différences de (mauvais) traitement en fonction de l'origine

Selon les témoignages recueillis par la police, les cinq hommes avaient embarqué quelque 650 personnes ayant payé chacune entre 1.200 et 1.800 dollars (1.100 à 1.650 euros) pour aller en Europe. Pour un gilet de sauvetage, il fallait verser un supplément de 35 à 70 dinars libyens (de 23 à 46 euros). Les passeurs ont assuré aux passagers du pont que les Africains devaient «supporter de rester enfermés pendant trois jours dans la cale, étant donné qu'ils avaient payé la moitié du prix des autres pour leur traversée», a affirmé la police palermitaine dans son communiqué.

Les témoignages font également état de différences de traitement en fonction de l'origine des migrants : les «Africains» n'obéissant pas aux ordres ont été «marqués au couteau au niveau de la tête», tandis que les «Arabes» étaient frappés avec des ceintures.