Nouvelle-Calédonie : Trois mille manifestants contre la violence dans les rues de Nouméa

MONDE La manifestation fait suite à l’agression d’un retraité retrouvé noyé et ligoté dans un cours d’eau…

A.Ch. avec AFP

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Le port de Nouméa, le 6 février 2014, en Nouvelle-Calédonie
Le port de Nouméa, le 6 février 2014, en Nouvelle-Calédonie — Bill Code AFP

«Nous sommes tous Daniel» : plus de 3.000 personnes ont marché en silence vendredi dans les rues de Nouméa pour exprimer leur inquiétude face à la montée de la violence, à la suite de violentes agressions survenues ces derniers jours. Les manifestants, tous âges et ethnies confondus, arboraient des autocollants «stop à la violence» et brandissaient des pancartes «Nous sommes tous Daniel», en référence à Daniel Monteiro, un retraité de 71 ans retrouvé noyé et ligoté dans un cours d'eau. De nombreux commerçants du centre-ville avaient baissé leurs rideaux.

Les commerçants ont peur

Cette manifestation était organisée par la Chambre de Commerce et d'Industrie, le syndicat des commerçants et les familles des victimes. «Nous devons agir tous ensemble contre les agressions. Nous avons une responsabilité collective», a déclaré à l'AFP la présidente de la chambre de commerce et d'Industrie, Jennifer Seagoe, qui avait pris la tête du cortège.

«On ressent la peur des commerçants du centre-ville. L'insécurité prend une ampleur inacceptable», a déclaré une retraitée qui participait à la marche. «Nous voulons alerter les pouvoirs publics et le président Hollande pour qu'il mette plus de moyens à disposition pour contrer la violence», a ajouté, sa fille entrepreneur individuelle. «Nous défilons par solidarité, pour que cela ne se reproduise plus», ont pour leur part expliqué deux jeunes Kanak.

Violentes agressions

Ces deux dernières semaines ont été marquées par une série de violentes agressions qui ont suscité une vague d'indignation et accru le sentiment d'insécurité en Calédonie. Fin juillet, une commerçante du quartier asiatique de Nouméa a été grièvement blessée à la gorge d'un coup de couteau. Le lendemain, la police a découvert le corps sans vie d'un retraité de 71 ans, sauvagement battu et jeté ligoté et inconscient dans un cours d'eau de Païta, une commune de l'agglomération. Une jeune femme de 21 ans, a reconnu sa participation au meurtre. Dimanche matin, c'est le corps d'un SDF d'une trentaine d'années qui été découvert sur un parking près de l'immeuble du gouvernement. Interpellé, son agresseur a reconnu l'avoir frappé à mort au visage avec une pierre sur fond d'alcoolisation massive.