VIDEO. Les vainqueurs et les perdants du premier débat républicain

USA 2016 Donald Trump a fait ses grands débuts sur la scène de Fox News...

Philippe Berry

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Les candidats à la primaire républicaine Scott Walker, Donald Trump et Jeb Bush, lors du premier débat télévisé, le 6 août 2015.
Les candidats à la primaire républicaine Scott Walker, Donald Trump et Jeb Bush, lors du premier débat télévisé, le 6 août 2015. — C. SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Tout le monde attendait le « Donald Show ». Jeudi, le candidat milliardaire n’a pas déçu en continuant de jouer les trolls lors du premier débat de la primaire républicaine organisé par Fox News. Bilan à chaud avec les vainqueurs, en bleu, et les perdants, en rouge.

Carly Fiorina

L’ancienne patronne de Hewlett Packard a survolé le débat de la « table des enfants », organisé à l’heure de l’apéro. Incisive et concise, cette femme venue du monde du business a marqué des points en se positionnant comme une alternative aux technocrates de Washington. Avec un boost conséquent de son trafic Google, elle pourrait bien décoller dans les sondages pour être promue en première division – dans le top 10 des candidats – pour le prochain débat.

Marco Rubio

En perte de vitesse dans les sondages, le jeune sénateur de Floride s’est réveillé. Sur l’immigration, il s’est démarqué des vues simplistes de Donald Trump et de ses adversaires en refusant de réduire le problème à la simple construction d’un mur. Selon l’analyste conservateur Charles Krauthammer, Rubio « a marqué des points, et il en avait bien besoin ».

John Kasich

Peu connu du grand public, le gouverneur de l’Ohio avait l’avantage du terrain avec un débat organisé à Cleveland, et il a souvent été applaudi par la foule. Déclaré co-vainqueur avec Rubio par l’expert en statistiques Nate Silver, Kasich a sans doute sauvé sa tête dans l’élite et devrait profiter d’une exposition médiatique plus importante dans les prochains jours.

Donald Trump

Le fantasque candidat ne s’est pas écroulé, et c’est une victoire pour lui. Avec des réponses de moins d’une minute, il a réussi à masquer son manque de substance en attaquant ses adversaires, les médias et les organisateurs. Sa meilleure tirade ? « Le gros problème de ce pays, c’est qu’on est trop politiquement correct. Je n’ai pas le temps d’être politiquement correct. »

Donald Trump (oui, oui encore lui)

Souvent applaudi, le milliardaire a également été hué quand il a refusé de garantir qu’il ne se présenterait pas comme candidat indépendant en cas d’échec à la primaire. Il a également peiné à expliquer ses revirements sur l’avortement ou le contrôle des armes. Selon le commentateur de Fox News Britt Hume, « son numéro va vite devenir fatigant ».

Jeb Bush

Il devait montrer à tous qu’il était le plus « présidentiable ». C’est raté. Rouillé, mou et hésitant, il n’a pas vraiment réussi à se faire un prénom. Il a concédé du bout des lèvres que « compte tenu des preuves d’aujourd’hui, l’invasion de l’Irak était une erreur » et peiné à justifier ses positions modérées sur l’immigration.

Scott Walker, Chris Christie, Rand Paul, Ben Carson, Ted Cruz, Mike Huckabee

Le reste du panier n’a pas été mauvais – personne n’a dérapé sur l’immigration ou l’avortement – mais aucun candidat n’a brillé. Bien placé dans les sondages, Walker a joué la carte sans risque du « candidat normal ». Christie et Paul ont croisé le fer sur la NSA avec une colère forcée. Cruz a eu du mal à faire entendre sa voix conservatrice. Sympathique, le nouveau venu Ben Carson n’a pas saisi l’opportunité de vraiment se présenter aux Américains. Enfin, le vétéran Mike Huckabee a dormi pendant deux heures mais s’est réveillé à l’ultime seconde avec une bonne pique contre Hillary Clinton. Bref, personne ne s’est vraiment disqualifié. Les 17 candidats remettront ça le 16 septembre prochain.