VIDEO. Yémen: L'otage Isabelle Prime, libérée, en route pour la France

LIBERATION L’ex-otage a été «retrouvée au Yémen» grâce à des recherches menées par les autorités omanaises en coordination avec «certaines parties yéménites»...

P.B., B.D. avec AFP

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La Française Isabelle Prime avait été enlevée au Yémen avec son interprète, Chérine Makkaoui, le 24 février 2015.
La Française Isabelle Prime avait été enlevée au Yémen avec son interprète, Chérine Makkaoui, le 24 février 2015. — M.HUWAIS/AFP

Après plus de cinq mois de négociations, l’otage française Isabelle Prime a été libérée au Yémen dans la nuit de jeudi à ce vendredi, a annoncé l’Elysée. La jeune femme est arrivée à Oman ce vendredi matin et atterrira sur la base aérienne de Villacoublay à 19h. Elle y sera accueillie par François Hollande et Laurent Fabius.

« Notre compatriote Isabelle Prime a été libérée cette nuit. Elle était retenue en otage au Yémen depuis le 24 février 2014. Elle rejoindra notre pays dans les heures qui viennent », précise l’Elysée. François Hollande « exprime toute sa gratitude », notamment « au Sultan Qaboos Ibn Saïd, Sultan d’Oman ». Il salue encore « le courage » et « la grande responsabilité » dont a fait preuve la famille de la Française « au cours de cette longue attente ».

L’ex-otage est arrivée ce vendredi à l’aube à Oman, d’où elle doit repartir pour la France, selon l’agence officielle omanaise ONA. Elle a été « retrouvée au Yémen » grâce à des recherches menées par les autorités omanaises en coordination avec « certaines parties yéménites », a ajouté l’agence, citant un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Mascate.

Jean-Noël Prime, le père de la jeune femme, a indiqué ce vendredi matin être « heureux comme tout » après l’annonce de la libération de sa fille. « Je suis heureux comme tout, elle est en bonne santé mais je n’ai pas d’autre précision », a-t-il déclaré à l’AFP par téléphone. « J’attends des nouvelles du Quai d’Orsay », a-t-il ajouté, précisant qu’il avait appris la nouvelle jeudi vers 23h, soit un peu moins de deux heures avant l’annonce de l’Élysée. « D’après ce qu’ils m’ont dit il faudrait que je parte assez rapidement » vers Paris. « Pour l’instant je suis vraiment dans un flou terrible », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius s’est dit « extrêmement heureux » de sa libération, remerciant à son tour le « Sultanat d’Oman et notamment son ministre des affaires étrangères », avec lequel il dit être « en contact ». Le ministre précise qu’il l’a joint par téléphone ce vendredi matin. « Elle va aussi bien que possible et nous serons ravis de l’accueillir avec le président de la République et sa famille ce soir à Villacoublay. » « La libération d’Isabelle Prime montre une fois de plus que la France n’abandonne jamais les siens », conclue le communiqué.

Le Premier ministre Manuel Valls a pour sa part commenté cette nouvelle via Twitter.

Consultante humanitaire

Cette trentenaire originaire de Loire-Atlantique travaillait pour Ayala consulting, une entreprise américaine spécialisée dans la logistique de projets humanitaires, une société qui est sous contrat avec le Social Welfare Fund, un projet lui-même financé par la Banque mondiale. Elle était en poste au Yémen depuis 2013.

Elle avait été enlevée par un groupe tribal avec son interprète yéménite Chérine Makkaoui. Cette dernière avait déclaré avoir été libérée le 10 mars à Aden, alors qu’une vidéo de la Française avait été diffusée le 1er juin. Aucune information n’a filtré depuis sur l’identité des ravisseurs.

Francisco Ayala, président de Ayala consulting, a précisé jeudi soir qu’il avait appris la libération de son employée via un coup de téléphone du ministère français des Affaires étrangères. « Toute l’affaire a été menée dans le plus grand secret », a-t-il affirmé. « Le gouvernement français ne nous a rien dit ni à moi ou ni même à son père » concernant les efforts visant à obtenir la libération de la jeune femme. « Elle devrait arriver à Paris dès » vendredi, sans doute à bord d’un vol spécial et son père se rendra dans la capitale pour l’accueillir, a-t-il ajouté en anglais depuis l’Equateur via Skype.

La dernière libération d’un otage français remonte à celle de Serge Lazarevic en décembre 2014, alors que le quinquagénaire franco-serbe était détenu depuis trois ans par le groupe Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) dans le nord du Mali. Il était alors présenté comme le dernier otage français.