Vol MH370: En chine, les proches des victimes accusent les autorités de mensonge

MONDE Le Premier ministre malaisien a annoncé que le débris d’avion découvert à la Réunion appartenait bien à l’appareil de la Malaysia Airlines...

20 Minutes avec AFP
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Jiang Hui, le fils d'une passagère du MH370, devant sa télévision le 30 juillet 2015 à Pékin
Jiang Hui, le fils d'une passagère du MH370, devant sa télévision le 30 juillet 2015 à Pékin — GREG BAKER AFP

La colère le disputait à l’incrédulité jeudi parmi les Chinois proches des disparus du vol MH370 après l’annonce par le Premier ministre malaisien que le débris d’avion découvert à la Réunion appartenait bien à l’appareil de la Malaysia Airlines.

La plupart des passagers à bord du Boeing 777 qui s’est volatilisé il y a 17 mois, peu après son décollage de Kuala Lumpur pour Pékin, avec 239 personnes à bord, étaient chinois.

« Ils nous mentent depuis le début »

Une dizaine de proches se trouvaient jeudi devant les bureaux de la compagnie aérienne malaisienne à Pékin et l’émotion était à son comble.

« Je ne crois pas à ces dernières informations au sujet de l’avion, ils nous mentent depuis le début », déclarait Zhang Yongli, dont la fille se trouvait à bord. « Je sais que ma fille se trouve quelque part mais ils ne veulent pas nous dire la vérité », a-t-il lancé en agitant des drapeaux chinois et communiste.

Bao Lanfang, dont le petit-fils se trouvait aussi à bord de l’avion, a également accusé les autorités de mensonge. « Tout le monde nous ment », a-t-elle déclaré, avant de s’effondrer à terre en pleurant.

« Je ferais tout pour le revoir », a ajouté cette grand-mère de 63 ans. « Dites-moi simplement ce que je dois faire, je le ferai. »

« Profonde douleur »

Les recherches pour retrouver le vol MH370 étaient restées vaines jusqu’à ce qu’un flaperon, un morceau d’aile, soit retrouvé la semaine dernière sur l’île de la Réunion. Le Premier ministre malaisien Najib Razak a affirmé dans la nuit de mercredi à jeudi qu’il s’agissait bien d’un morceau de l’appareil.

Cette déclaration malaisienne « confirme le verdict sur l’accident de la Malaysia Airlines », a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères, faisant part de sa « profonde douleur ». « Nous demandons au gouvernement malaisien de respecter sa promesse de continuer à enquêter sur les causes de l’accident », a ajouté une porte-parole, Hua Chunying.

Depuis la disparition de l’avion, nombre de familles chinoises n’ont eu de cesse de soutenir que leurs proches étaient vivants et peut-être retenus quelque part, en dépit des éléments laissant croire à un accident.

« Ne les croyez pas »

Sur les réseaux sociaux, certains exprimaient de tels sentiments : « Ne les croyez pas, il y a eu un tour de passe-passe avec le débris ! Nous pensons que tous nos proches vont revenir sains et saufs ! »

La justice française s’est montrée plus prudente que les autorités de Kuala Lumpur, et a préféré parler de « très fortes présomptions ».

Wen Wancheng, dont le fils de 34 ans se trouvait à bord du vol, souligne cette « prudence » des « enquêteurs français » qui « n’ont tiré aucune conclusion » du débris. « Comment peut-on dire que l’avion s’est abîmé sur la base d’un seul débris ? Il a pu provenir d’un autre avion », a-t-il dit à l’AFP.

La police était présente en nombre jeudi, alors que les familles se sont plaintes à plusieurs reprises d’avoir été harcelées par la sécurité d’Etat.

« La Malaisie veut éviter de payer de gros dommages et intérêts aux familles, alors elle affirme qu’un débris a été retrouvé à La Réunion et que c’était un accident. Nous ne croyons pas la Malaisie », accusait également un usager du réseau social Sina Weibo. Kuala Lumpur a été fortement critiqué en Chine pour sa gestion de la crise.