Disparition du vol MH370: Le point sur l'enquête

ENQUETE Alors que le Premier ministre malaisien et le procureur adjoint de Paris ont tenu des conférences de presse ce mercredi soir…

20 Minutes avec AFP

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Le récit du crash du MH370
Le récit du crash du MH370 — Stéphane Koguc, Volkmar Meier, Elise d'Epenoux AFP Vidéographie

Les déclarations de ce mercredi soir ont encore un peu plus ajouté à la confusion. Alors que le Premier ministre malaisien s'est montré catégorique, affirmant que le débris retrouvé dans l’océan Indien est celui du Boeing du vol MH370 de Malaysia Airlines disparu le 8 mars 2014, la France est apparue plus nuancée.

Le procureur adjoint de la République de Paris s’est exprimé avec plus de précautions, estimant qu’il y a pour l'instant « de très fortes présomptions » pour que le flaperon trouvé à la Réunion appartienne bien au vol MH370. Avant que les analyses vont se poursuivre jeudi, 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait et ce que l’on ignore encore dans la mystérieuse disparition du MH370.

Ce que l’on sait

Nous savons que le 8 mars 2014, un Boeing 777 de Malaysia Airlines décolle de Kuala Lumpur à 0h41 locales (16h41 GMT) avec 227 passagers, dont 153 Chinois, et douze membres d’équipage en direction de Pékin.

L’appareil est piloté par Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, un commandant très respecté avec 33 ans d’expérience dans la compagnie nationale de la Malaisie. Son co-pilote est Fariq Abdul Hamid, 27 ans.

Juste avant d’entrer dans l’espace aérien du Vietnam, quelqu’un envoie du cockpit un dernier message aux contrôleurs aériens de Malaisie : « Bonsoir, Malaysian 370. » Il est 1h19 (17h19 GMT).

Vers 1h30 (17h30 GMT) les systèmes de radar, tels que le transpondeur, étaient débranchés. Or, l’appareil figurait encore sur les radars militaires à 2h15 (18h15 GMT), changeant de cap en direction de la Malaisie, puis vers l’océan Indien.

Le Premier ministre malaisien, Najib Razak, citant des enquêteurs internationaux, annonce que le débris de l’aile de l’avion retrouvé sur l’île de La Réunion dans l’océan Indien seize mois plus tard est celui du Boeing du vol MH370 de Malaysia Airlines.

La batterie de la balise de détresse de l’appareil avait expiré plus d’un an avant le décollage, rendant bien plus difficiles, selon les experts, les recherches dans l’océan Indien.

Ce que l’on ignore encore 

Nous ne savons toujours pas ce qui a provoqué le brusque changement de cap de l’appareil puisque ni l’équipage, ni les systèmes de radar de l’appareil n’ont donné de signe préalable et que cette nuit-là le temps était au beau fixe.

Nous ignorons si l’un des pilotes est à l’origine de l’accident : l’une des hypothèses les plus probables selon les experts. Zaharie était un militant de l’opposition en Malaisie et Fariq avait laissé entrer des passagers dans le cockpit lors d’un récent vol, en violation des règles en vigueur. Mais rien dans le passé des pilotes ne laisse penser qu’ils pouvaient être capables d’un meurtre collectif.

Nous ignorons s’il a pu s’agir d’un détournement ou d’un attentat commis par un groupe terroriste, puisqu’il n’y a jamais eu de revendication.

Nous ne savons toujours pas pourquoi les systèmes de radar de l’appareil ont été débranchés et par qui : un acte qui semble avoir été « délibéré » selon la Malaisie.

Nous ignorons toujours où exactement l’appareil s’est écrasé, même si la découverte du débris de l’aile devrait aider à confirmer l’actuelle zone de recherches. Nous sommes donc toujours loin de pouvoir trouver la boîte noire qui permettrait de connaître les causes de l’accident.