ONU: Les 17 objectifs pour en finir avec la pauvreté d'ici 2030

SOCIETE Experts et diplomates de 193 pays ont adopté un projet d’une trentaine de pages qui doit être soumis pour adoption formelle aux chefs d’Etat et de gouvernements fin septembre…

20 Minutes avec agences
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Une Palestinienne joue avec son enfant le 12 novembre 2014 dans un quartier de Gaza détruit durant les 50 jours de guerre contre Israël
Une Palestinienne joue avec son enfant le 12 novembre 2014 dans un quartier de Gaza détruit durant les 50 jours de guerre contre Israël — Mohammed Abed AFP

Les pays membres de l’ONU ont mis la dernière main, ce dimanche, à un plan d’action pour éradiquer l’extrême pauvreté dans le monde d’ici 2030. A l’issue d’une semaine de négociations intenses au siège de l’ONU à New York, experts et diplomates des 193 pays ont adopté un projet d’une trentaine de pages intitulé « Transformer notre monde, programme de développement durable d’ici 2030 ».

Cet ambitieux programme sera soumis pour adoption formelle aux chefs d’Etat et de gouvernements de la planète les 26 et 27 septembre à New York, en marge de la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU.

Dix-sept objectifs de développement durable déclinés en 169 « cibles »

Il comprend 17 objectifs de développement durable déclinés en 169 « cibles ». Le premier est « d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde », sachant qu’un milliard de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie.

Il faut aussi « permettre à tous de vivre en bonne santé », « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité » et « parvenir à l’égalité des sexes » en éliminant toute forme de discrimination et de violence envers les femmes.

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Numéro 13, « prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques »

D’autres objectifs concernent la réduction des inégalités, « un travail décent pour tous », « des modes de production et de consommation durables » et « des sociétés pacifiques et ouvertes à tous » car paix, développement et bonne gouvernance vont de pair.

Ceci sans oublier que l’objectif numéro 13 enjoint aux gouvernements de « prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions ». Les responsables de l’ONU soulignent ainsi le lien avec la négociation climatique qui doit se conclure fin décembre à Paris, même si les deux initiatives avancent séparément. Le document appelle donc à conclure à Paris « un accord ambitieux et universel sur le climat ».

Une entrée en vigueur au 1er janvier 2016

Le respect des 17 objectifs, qui doivent entrer en vigueur au 1er janvier 2016, sera volontaire pour chaque Etat, qui choisira les moyens de les atteindre. Mais des « indicateurs » devraient permettre de juger des progrès accomplis et d’assurer un « suivi systématique ». « Notre génération pourrait être la première à éradiquer la pauvreté, tout comme nous sommes les derniers à avoir une chance de sauver la planète », affirme le texte.

S’exprimant au nom du G77 (134 pays en développement), l’ambassadeur sud-africain Kingsley Mamabolo a cité Nelson Mandela, affirmant sous les applaudissements : « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce que nous le fassions ». Surtout qu’un des points saillants du document est l’idée que « personne ne doit être laissé de côté ». « Nous nous attellerons à tendre la main en premier lieu à ceux qui sont loin derrière », promet le programme.

Une facture de 2.500 milliards de dollars sur quinze ans

La clé du succès sera le financement de cet effort colossal. Une conférence internationale réunie à la mi-juillet à Addis Abeba a chiffré la facture à 2.500 milliards de dollars sur quinze ans et a lancé un appel à la générosité des entreprises [en principe, chaque pays riche devrait consacrer au moins 0,7 % de son Produit intérieur brut à aider les pays pauvres, mais bien peu le font].

« Le monde a fait aujourd’hui un grand pas pour vivre en meilleure harmonie avec la nature », a déclaré Deon Nel, directeur exécutif du Fonds mondial pour la nature (WWF). Sous les applaudissements des délégués, l’ambassadeur kenyan à l’ONU Macharia Kamau a constaté le consensus autour du texte, était « vraiment un moment historique ».