Afghanistan: Le nouveau chef des talibans appelle à l'«unité» du mouvement

MONDE Des voix discordantes se sont fait entendre au sein du mouvement islamiste...

20 Minutes avec AFP

— 

Akhtar Mohamed Mansour, ici le 31 octobre 2007.
Akhtar Mohamed Mansour, ici le 31 octobre 2007. — SITE INTELLIGENCE GROUP / AFP

Le nouveau chef des talibans afghans, le mollah Akhtar Mansour, a appelé dans son premier message audio diffusé samedi à l'« unité » du mouvement islamiste, au sein duquel des voix discordantes se sont fait entendre après sa nomination à la tête des insurgés.

« Préserver notre unité »

Dans cet enregistrement effectué juste après sa nomination, le mollah Mansour évoque également les pourparlers de paix engagés au début du mois de juillet avec le gouvernement afghan, mais reste ambigu sur ses intentions.

Le mollah Akhtar Mansour était le bras droit du mollah Omar, mais sa nomination ne semble pas consensuelle, certains commandants lui préférant le fils du mollah Omar, Yacoub ou lui reprochant ses accointances avec le Pakistan voisin.

« Nous devons tous travailler à préserver notre unité. Les divisions dans nos rangs ne feront que servir nos ennemis et nous causer du tort », réplique le mollah Mansour dans une allusion implicite à cette controverse.

« Notre but est d’appliquer la charia »

Selon un membre de la « Choura de Quetta », organe central des talibans du nom de la ville du sud-ouest pakistanais où il est basé, la décision de le nommer « a été prise dans l’urgence et plusieurs membres du conseil, incluant trois membres fondateurs des talibans se sont opposés » à sa nomination.

« Notre but est d’appliquer la charia (loi islamique, ndlr) et le jihad se poursuivra jusqu’à cela soit une réalité », explique encore le mollah Mansour.

Mais dans cet enregistrement en pachtoune, langue parlée au Pakistan et en Afghanistan, le mollah Mansour reste vague sur les pourparlers de paix engagés avec Kaboul. « L’ennemi dit qu’existe un processus de paix. Comme vous le savez, nos ennemis diffusent beaucoup de propagande », lance-t-il dans ce message d’une trentaine de minutes.

Un deuxième round de pourparlers devait avoir lieu vendredi au Pakistan pour tenter de mettre sur les rails un dialogue qui aboutirait à la fin du conflit sanglant qui dure depuis la chute du régime des talibans en 2001. Mais l’annonce surprise cette semaine du décès du mollah Omar, survenu en avril 2013 d’après les services secrets afghans, a forcé Islamabad à le reporter sine die.